PPP EN AFRIQUE : Le DG de l’ARCOP appelle à des réformes endogènes et pragmatiques

PPP EN AFRIQUE : Le DG de l’ARCOP appelle à des réformes endogènes et pragmatiques

Invité à intervenir lors du webinaire organisé par le Réseau Africain de la Commande Publique (RACOP) le 26 juin 2025, le Directeur général de l’ARCOP Sénégal, Dr Moustapha DJITTE, a livré une analyse stratégique de l’environnement africain des Partenariats Public-Privé (PPP), appelant à des réformes profondes et adaptées aux réalités des États africains. Ce webinaire du RACOP a permis de renforcer la réflexion interafricaine sur l’avenir des PPP, en offrant une plateforme de partage d’expériences et de propositions concrètes. L’intervention du DG de l’ARCOP a été saluée pour sa hauteur de vue et son ancrage opérationnel.

Dans une communication articulée autour de l’analyse des opportunités et défis des PPP, Dr DJITTE a dressé un tableau lucide du contexte continental : crise économique post-COVID, tensions géopolitiques, pressions budgétaires, désenclavement insuffisant et attractivité limitée pour les investissements directs étrangers. « Face à des finances publiques exsangues et des besoins en infrastructures évalués à 170 milliards de dollars par an, le recours aux PPP n’est plus un choix, c’est une nécessité stratégique », a-t-il martelé.

Le Directeur général de l’ARCOP a mis en avant les avantages du PPP. Il s’agit notamment de la mobilisation de ressources privées complémentaires, de l’optimisation de la dépense publique via le Value For Money (VfM), et du développement d’infrastructures durables, inclusives et climato-intelligentes.

Cependant, il a également insisté sur les conditions de succès à savoir :

  • un cadre réglementaire cohérent mais flexible,
  • des institutions d’appui dotées de ressources humaines qualifiées,
  • des organes de contrôle formés aux spécificités du PPP,
  • et un climat de stabilité démocratique et de bonne gouvernance.

Entre audace juridique et réalisme budgétaire, le DG de l’ARCOP a plaidé pour une clarification des rôles des organes d’expertise, notamment en ce qui concerne la valeur juridique de leurs avis. Il a aussi évoqué la maîtrise de la soutenabilité budgétaire à travers une comptabilisation rigoureuse des engagements en PPP et la mobilisation de l’épargne intérieure pour réduire la dépendance aux financements extérieurs.

Dr DJITTE a également insisté sur la nécessité d’endogénéiser la commande publique, en réservant certains projets aux entreprises locales et en créant des dispositifs de participation nationale. « Les PPP doivent être un outil de souveraineté économique, pas un transfert de dépendance », a-t-il conclu.