Dans un contexte de mutation institutionnelle et de tensions énergétiques croissantes, la Société Africaine de Raffinage (SAR) a été reçue au siège de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) pour une séance de travail qui s’inscrit dans une dynamique de dialogue renforcé entre acteurs publics, en vue d’adapter les outils de la commande publique aux réalités spécifiques du secteur pétrolier. C’était le27 juin 2025.
Depuis sa recapitalisation par l’État en 2022, la SAR est devenue une société à participation publique majoritaire. À ce titre, elle est désormais pleinement assujettie aux exigences du Code des Marchés Publics (CMP), un changement important pour cette entreprise, confrontée à des impératifs de confidentialité, de sécurité et de réactivité.
Lors de cette rencontre, le Directeur général de la SAR, M. Mamadou Habib DIOP a exposé un certain nombre de contraintes auxquelles elle est confrontée dans l’application stricte du CMP. Parmi les points soulevés il a cité la lenteur des délais de passation, difficilement conciliable avec les urgences techniques du secteur ; l’inopérance de la concurrence sur certains segments hautement spécialisés ; la nécessité de procédures dérogatoires dans des situations critiques.
Face à ces préoccupations, le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTE, a salué la démarche proactive de la SAR et réaffirmé la posture stratégique de son institution : « L’ARCOP se positionne aujourd’hui comme un organe de conseil stratégique. Pour nous, il n’est pas question de laisser les entités administratives patrouiller seules dans les difficultés. Nous devons anticiper, conseiller et garantir des procédures qui préservent l’intérêt de l’État ». Un message qui marque une volonté d’allier fermeté sur les principes et souplesse sur les modalités, dans une logique d’efficacité administrative. Selon lui, « les procédures ne sont pas une fin en soi. Elles n’ont de sens que si elles permettent de réaliser les projets dans les meilleures conditions d’efficacité ».
À l’issue des échanges, plusieurs décisions structurantes ont été prises. Il s’agit notamment de l’élaboration conjointe d’un manuel de procédures conciliant réactivité et transparence et le déploiement d’un programme de formation sur mesure, piloté par l’Institut de Formation de l’ARCOP, pour renforcer les capacités des équipes de la SAR.
Autres sujets abordés, la gestion des offres spontanées, l’accompagnement du projet SAR 2.0, et la réflexion autour d’une possible évolution du statut juridique de la société. L’ARCOP a rappelé sa disponibilité à accompagner ces mutations tout en veillant au respect des principes de transparence, d’équité et de concurrence.