PLAIDOYER DU DG DE L’ARCOP EN FAVEUR DU PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ : Une solution d’avenir pour les finances publiques, une voie stratégique pour financer sans endetter, selon le Dr DJITTE

PLAIDOYER DU DG DE L’ARCOP EN FAVEUR DU PARTENARIAT PUBLIC-PRIVÉ : Une solution d’avenir pour les finances publiques, une voie stratégique pour financer sans endetter, selon le Dr DJITTE

Invité de l’émission Point de vue sur la RTS1, le Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), le Dr Moustapha DJITTE, a livré une intervention pédagogique et sans détour sur les enjeux, mécanismes et risques des Partenariats Public-Privé (PPP). Un moment fort, dans un contexte où le Sénégal, à l’instar de nombreux pays, cherche à financer ses projets d’infrastructures sans alourdir son endettement. Selon le DG de l’ARCOP, le PPP est avant tout un montage contractuel innovant, qui permet à l’État de faire réaliser une infrastructure ou un service sans recourir immédiatement à son budget : « le partenaire privé lève lui-même les fonds, réalise le projet, et se rembourse sur les revenus générés. Cela évite à l’État de recourir à l’endettement classique ou d’alourdir sa charge budgétaire », a-t-il expliqué.

Ce schéma est utilisé dans plusieurs domaines notamment la construction d’autoroutes, d’universités, d’hôpitaux, ou même la gestion de services publics comme les centres de contrôle technique.

Il existe, selon lui, deux grandes familles de PPP :

  • Les PPP d’infrastructure, où le privé construit l’infrastructure (routes, bâtiments, etc.) ;
  • Les PPP de service, où le privé prend en charge l’exploitation d’une infrastructure déjà construite par l’État.

Dans les deux cas, l’objectif est d’offrir un service public de qualité tout en maîtrisant les dépenses publiques. Mais le DG alerte aussi, un PPP ne s’improvise pas : « un projet ne se décrète pas, il se prépare. Il faut une évaluation préalable obligatoire, prévue par la loi. Sans cela, on risque de s’enfermer dans des contrats de 30 ans qui ne répondent pas à nos intérêts », a-t-il prévenu.

La préparation technique, juridique et économique est donc cruciale pour garantir la viabilité et la transparence de ces partenariats.

Le Directeur général de l’organe de régulation a également listé les nombreux risques qui peuvent affecter un projet PPP :

  • Risques techniques (sols instables, contraintes géographiques) ;
  • Risques technologiques (obsolescence rapide) ;
  • Risques financiers (fluctuations de change si la dette est libellée en devises) ;
  • Risques juridiques et politiques (changement de gouvernement, modification de la loi) ;
  • Et surtout, le risque pays, qui reflète la stabilité politique, la crédibilité institutionnelle et la réputation de l’État. Il insiste : « un investisseur privé réfléchit mille fois avant de s’engager avec un pays qui modifie ses règles du jeu en cours de route ».

« Les PPP peuvent transformer notre économie, à condition de bien faire les choses, dans la transparence, la maîtrise des risques et la préservation des intérêts publics ». C’est pourquoi le DG DJITTE conclue en invitant à professionnaliser davantage la préparation des projets PPP, en dotant les administrations de ressources humaines qualifiées et d’outils d’analyse rigoureux.