LA DÉMATÉRIALISATION N’EST PLUS UN HORIZON, C’EST DÉSORMAIS UNE RÉALITÉ : Un socle juridique solide et une vision cohérente, des outils précurseurs, des limites franchies

LA DÉMATÉRIALISATION N’EST PLUS UN HORIZON, C’EST DÉSORMAIS UNE RÉALITÉ : Un socle juridique solide et une vision cohérente, des outils précurseurs, des limites franchies

C’est un nouveau chapitre de la modernisation administrative qui s’est ouvert le 14 octobre 2025, avec le lancement par l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) de la phase pilote du projet APPEL, Achats Publics en Procédures Électroniques. Porté par la Direction de la Statistique et de la Documentation (DSD) de l’ARCOP, le projet de dématérialisation marque un tournant décisif vers une commande publique plus transparente, efficiente et accessible. Sous la direction de M. Ousseynou SOW, Directeur de la Statistique et de la Documentation (DSD), qui a fait une présentation du projet, cette initiative ambitieuse fait entrer le Sénégal dans une ère de gouvernance numérique où transparence, rapidité et inclusion économique se conjuguent avec performance et durabilité. « La dématérialisation n’est pas qu’un changement technologique. C’est une réforme de gouvernance qui repositionne la commande publique comme un levier de développement », a souligné M. SOW, en présentant les contours du projet.

Encadrée par les textes de l’UEMOA et les lois nationales sur les transactions électroniques et les partenariats public-privé, la réforme s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’Administration et de développement de l’économie numérique.

L’article 4.19 du Code des marchés publics définit d’ailleurs la dématérialisation comme « la création, l’échange, l’envoie, la réception ou la conservation d’informations ou de documents par des moyens électroniques ». Une avancée qui place désormais la commande publique au cœur de la transition digitale nationale.

Avant APPEL, deux systèmes avaient tenté d’amorcer la transformation numérique.

Le SYGMAP, créé en 2007, facilitait la publication et le suivi des marchés mais n’intégrait pas la soumission électronique, maillon essentiel du processus ; KERMEL, lancé en 2013, introduisait la signature électronique et le chiffrement, mais restait limité en portée fonctionnelle et interopérabilité.

Avec APPEL, explique M. SOW, l’ARCOP dépasse ces limites et introduit un dispositif complet, entièrement digitalisé et interconnecté avec les autres systèmes publics, garantissant traçabilité, sécurité et automatisation à chaque étape du cycle de vie du marché public.

L’approche a été participative et progressive. La stratégie d’implémentation du projet, selon Ousseynou SOW, repose sur quatre piliers :

  • Participation : implication de tous les acteurs de la commande publique (ARCOP, DCMP, DTAI, Sénégal Numérique, etc.) ;
  • Progressivité : déploiement par étapes et en micro-services pour garantir stabilité et appropriation ;
  • Normativité : adaptation continue du cadre réglementaire au contexte numérique ;
  • Accompagnement : formation, communication et mutualisation des connaissances entre acteurs.

« Notre ambition est d’assurer une transformation fluide, inclusive et sécurisée, où chaque autorité contractante sera actrice du changement », a insisté le Directeur de la DSD.

Le programme pilote, prévu d’octobre à décembre 2025, mobilise 50 autorités contractantes sélectionnées pour tester le cycle complet d’une procédure sur la plateforme : publication des plans de passation des marchés (PPM), préparation des dossiers d’appel d’offres (DAO), soumission électronique, ouverture automatisée et horodatée des plis, et génération des procès-verbaux numériques.

Les résultats seront évalués selon des indicateurs précis : délais de traitement des dossiers, taux d’erreurs humaines, conformité légale, taux d’adoption par les utilisateurs, économies réalisées et niveau de satisfaction des usagers.

APPEL promet des gains d’efficacité considérables, notamment la réduction des délais, meilleure traçabilité, la diminution des coûts administratifs, et l’accès facilité pour les PME aux marchés publics.

Au-delà des avantages techniques, la réforme vise une lutte accrue contre la fraude et la corruption, en instaurant une transparence systémique et une traçabilité intégrale des opérations. L’impact environnemental est lui aussi significatif. La dématérialisation devrait réduire l’empreinte carbone administrative de près de 45 %, en limitant les impressions et les déplacements physiques.

À l’issue de la phase pilote, explique M. SOW, un rapport consolidé permettra d’identifier les ajustements nécessaires avant le déploiement à grande échelle dès janvier 2026.

Des outils d’accompagnement sont prévus. Il s’agit entre autres d’un site de formation et de support technique, d’une plateforme Helpdesk et même une chaîne YouTube dédiée aux tutoriels, à l’image des meilleures pratiques internationales. « Le succès de la réforme dépendra de l’adhésion des acteurs. C’est pourquoi nous misons sur la pédagogie, la formation et la transparence », a conclu M. SOW.

Avec APPEL, le Sénégal franchit un cap décisif dans la modernisation de son administration publique. L’ARCOP, sous l’impulsion de sa Direction de la Statistique et de la Documentation, pose les bases d’un nouveau modèle de gouvernance numérique où l’efficacité s’allie à l’intégrité.

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