JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE DAKAR 2026 : Une plateforme d’intermédiation pour une commande publique plus inclusive

JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE DAKAR 2026 : Une plateforme d’intermédiation pour une commande publique plus inclusive

En prélude aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) et le Comité d’Organisation (COJOJ) veulent saisir cette opportunité pour renforcer la participation du secteur privé national. Une délégation conduite par le Coordonnateur général du COJOJ a rendu visite à l’ARCOP pour exposer certaines préoccupations liées aux procédures de passation de marchés. Alors que les préparatifs s’accélèrent, l’ARCOP et le COJOJ entendent transformer l’événement sportif mondial en tremplin économique pour le secteur privé sénégalais. En conjuguant la rigueur de la régulation et l’ambition de l’organisation, les deux structures esquissent un modèle inédit de gouvernance publique appliquée aux grands événements sportifs. La plateforme d’intermédiation proposée par le DG de l’ARCOP s’annonce comme un outil stratégique de transparence, de performance et d’inclusion économique, au service de la réussite de Dakar 2026 et du développement du secteur privé sénégalais.

La plateforme au cœur de cette ambition va favoriser un accès équitable et transparent des entreprises locales aux marchés publics liés à l’organisation de l’événement. Le Dr DJITTE explique : « Nous avons suggéré la création d’une plateforme d’intermédiation afin de permettre au secteur privé national, notamment aux petites et moyennes entreprises, de bénéficier davantage des parts de marché public ». Une réunion de travail entre l’ARCOP et le COJOJ est d’ailleurs prévue en novembre pour définir les contours techniques et juridiques de cette collaboration innovante.

Concrètement, cette plateforme permettra de mettre en relation les besoins du COJOJ et les offres des entreprises locales, dans un cadre transparent, régulé et conforme aux principes de la commande publique.

Au-delà de l’accès des PME, la transparence des contrats constitue un autre enjeu précisé par le DG de l’ARCOP : « Nous avons défini des critères permettant d’identifier les contrats de sponsoring afin d’éviter toute confusion avec les marchés publics ».

Un contrat récemment examiné par le Comité de Règlement des Différends (CRD) a d’ailleurs été requalifié en marché public, preuve de la rigueur de l’institution. L’ARCOP prévoit d’organiser un atelier de concertation réunissant acteurs publics, juristes et opérateurs économiques pour distinguer clairement les contrats de sponsoring des marchés publics, dans un souci de transparence totale.

Les petites et moyennes entreprises (PME) sont appelées à jouer un rôle central dans cette dynamique. Dr DJITTE insiste sur la nécessité pour elles de se structurer et de mutualiser leurs moyens. Il a rappelé que ces PME, souvent dépourvues de structures solides pour répondre à de gros marchés, pourraient mutualiser leurs efforts, créer des groupements et accéder à des partenariats plus importants.

Cette approche vise à faire des JOJ un levier de croissance inclusive, où les retombées économiques profiteront d’abord aux acteurs locaux.

Le Dr DJITTE appelle également à une vigilance accrue pour éviter les dérives post événement : « Souvent, tout semble parfait pendant l’événement, mais des irrégularités apparaissent après. C’est pourquoi nous insistons sur la rigueur et la transparence dès le départ ».

Le Coordonnateur du COJOJ Dakar 2026 salue, pour sa part, la pertinence de la plateforme d’intermédiation, qu’il considère comme un pilier de l’héritage immatériel que laisseront les Jeux.  M. Ibrahima WADE est sous le charme : « c’est une idée particulièrement importante que je salue vivement. Elle incarne l’héritage que nous voulons laisser à travers ces Jeux, un héritage en matière de gouvernance, de transparence et de capitalisation des bonnes pratiques ».

L’héritage, c’est aussi celui du capital humain. En effet, explique M. WADE, grâce à la Learning Academy, le COJOJ forme actuellement 419 jeunes Sénégalais, pour la plupart à leur premier emploi, aux métiers liés à la gestion et à la livraison d’événements internationaux. Il ajoute, avec beaucoup de fierté que « c’est cela aussi l’héritage, des jeunes formés, des compétences locales développées et prêtes à servir d’autres projets d’envergure ».

L’organisation des JOJ offre également de nouvelles perspectives économiques et technologiques. « Même sur l’intervention des sponsors top du CIO, il y a de réelles opportunités d’affaires pour le secteur privé national », affirme le Coordonnateur du COJOJ.

Des entreprises comme Alibaba et Coca-Cola, partenaires du Comité international olympique, ouvrent la voie à un écosystème numérique sénégalais capable de s’intégrer dans la chaîne de valeur internationale. « C’est une opportunité de business qu’ils vont amener pour le numérique au Sénégal ».

La plateforme d’intermédiation pourrait ainsi devenir un outil d’accès privilégié à ces opportunités, en connectant les prestataires locaux aux appels d’offres et aux besoins des partenaires internationaux.