Entre rigueur, innovation et esprit d’équipe, le COJOJ et l’ARCOP posent les bases d’une organisation exemplaire, portée par une plateforme d’intermédiation ouverte au secteur privé national. Avec la plateforme d’intermédiation et la dématérialisation des procédures, le COJOJ et l’ARCOP font de la transparence et du partenariat public privé les piliers d’une organisation olympique innovante. A l’issue d’une visite au siège de l’organe de régulation, le Coordonnateur général du COJOJ, M. Ibrahima WADE et le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTÉ livrent leur vision commune d’une commande publique au service de la performance, de la jeunesse et du secteur privé sénégalais. Ils répondent aux questions de la CCRP de l’ARCOP.

Monsieur le Coordonnateur général, les Jeux olympiques de la jeunesse sont un événement d’envergure mondiale. De telles manifestations permettent toujours d’apprendre en matière de processus, d’expérience et de capitalisation. Pouvez-vous nous expliquer le choix du COJOJ de s’appuyer sur la réglementation sénégalaise en matière de commande publique pour la préparation de ces Jeux ?
Ibrahima WADE, Coordonnateur du COJOJ
Effectivement, dès le départ, le Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ) a fait le choix de s’adosser à la réglementation nationale en matière de marchés publics. C’est une orientation dictée par les plus hautes autorités et validée par nos instances de gouvernance. En tant que managers de l’Organisation des Jeux, nous avons estimé que la meilleure façon de garantir l’équité et la transparence était de nous appuyer sur ce cadre robuste. Nous bénéficions d’un accompagnement remarquable, à la fois de la Direction centrale des marchés publics (DCMP) et de l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). Cela nous permet de respecter les règles de transparence et de mise en concurrence, tout en respectant les délais pour livrer l’événement à temps. Nous sommes aujourd’hui en parfaite conformité avec les exigences du code des marchés publics.
Monsieur le Directeur général de l’ARCOP, le Coordonnateur du COJOJ insiste sur la transparence, l’un des principes cardinaux de la commande publique. Mais un autre principe essentiel est celui de l’équité. Or, le Comité international olympique (CIO) travaille avec des partenaires mondiaux dits « partenaires TOP ». Le Code des marchés publics prévoit-il des dispositions permettant à ces partenaires privilégiés d’intervenir tout en respectant les exigences du code sénégalais, notamment en matière d’inclusion du secteur privé national et de l’économie sociale et solidaire ?
Dr Moustapha DJITTÉ, Directeur général de l’ARCOP :
Je voudrais d’abord féliciter M. le ministre Ibrahima WADE, qui fait partie de ces Sénégalais de valeur ayant beaucoup contribué à la construction de ce pays. Ce qui est remarquable dans sa démarche, c’est qu’il dirige une structure qui, en théorie, n’est pas soumise au Code des marchés publics, mais qui a choisi volontairement d’y adhérer. Ce geste traduit un attachement profond à la transparence et à la bonne gouvernance.
S’agissant des partenaires TOP du CIO, il est vrai qu’il existe une forme d’exclusivité qui limite la marge de manœuvre du COJOJ. Néanmoins, l’intelligence de l’équipe a été de recourir, pour les autres marchés, à des opérateurs du secteur privé national. D’après les informations reçues, un seul opérateur étranger a remporté un marché, ce qui montre une réelle volonté de valoriser les entreprises sénégalaises.
Pour nous, à l’ARCOP, ce partenariat stratégique est fondamental : nous conseillons, accompagnons et veillons à ce que les procédures soient adaptées aux spécificités des projets du COJOJ, afin de gagner en efficacité et en sécurité juridique.

Monsieur le Directeur général, le cas des Jeux olympiques de la jeunesse est assez spécifique. La frontière entre ce qui relève du sponsoring et du marché public semble parfois très fine. Comment garantir la transparence dans ce contexte ? Et est-ce que la plateforme d’intermédiation que vous avez proposée pourrait constituer une solution pertinente ?
Dr Moustapha DJITTÉ, Directeur général de l’ARCOP :
Effectivement, la distinction entre contrat de sponsoring et marché public est parfois difficile à établir. Nous avons d’ailleurs déjà eu à requalifier un contrat présenté comme un sponsoring, mais qui relevait clairement d’un marché public.
C’est pourquoi nous avons proposé la tenue d’un atelier technique avec le COJOJ pour examiner, au cas par cas, les contrats et clarifier cette frontière.
Nous avons également suggéré la mise en place d’une plateforme d’intermédiation afin de mieux impliquer les petites et moyennes entreprises (PME) nationales, qui peinent souvent à accéder aux grands marchés. Cette approche permettra de regrouper leurs compétences et de favoriser leur participation effective à l’organisation des Jeux.

Le Sénégal a déjà accueilli de grands événements internationaux. Cependant, on constate souvent qu’après ces manifestations, des irrégularités ou défaillances sont relevées dans l’exécution des marchés. Peut-on s’attendre, pour ces Jeux olympiques de la jeunesse, à un mécanisme de redevabilité et de transparence financière renforcé ?
Ibrahima WADE, Coordonnateur du COJOJ :
Je vous rassure, les événements olympiques sont soumis à une surveillance extrêmement rigoureuse. Nous avons fait le choix de la transparence absolue. Toutes les ressources du COJOJ, à l’exception des revenus de sponsoring, sont logées dans les comptes du Trésor public. Le directeur financier, un inspecteur du Trésor, a la responsabilité de refuser toute dépense non conforme. Nous produisons un rapport mensuel adressé au ministère des Finances et faisons auditer nos comptes chaque année par un commissaire aux comptes. Les comptes 2024 ont d’ailleurs été certifiés sans réserve.
Nous travaillons également avec l’ARCOP et la DCMP pour garantir que chaque dépense respecte les procédures. Je tiens à remercier le directeur général de l’ARCOP pour son accompagnement constant et son rôle de conseil.
Nous préparons d’ailleurs un atelier technique en novembre pour examiner des cas précis. Cet accompagnement vise à nous aider à être dans les délais tout en respectant les règles.

Un mot sur la plateforme de dématérialisation des procédures de la commande publique, dénommée APPEL, récemment lancée par l’ARCOP. Pensez-vous que cette innovation numérique puisse être utile au COJOJ dans le cadre de la préparation des Jeux ?
Ibrahima WADE, Coordonnateur du COJOJ :
Absolument. Je suis particulièrement demandeur de l’application de cette plateforme au COJOJ. La dématérialisation est un formidable outil de transparence et d’efficacité. Elle permet de gagner du temps et d’assurer une traçabilité complète des procédures. Nous sommes preneurs de son utilisation dès 2026 pour nos prochains marchés, et nous saluons les efforts de l’ARCOP dans ce sens. Cette démarche pédagogique et inclusive permet de rendre la commande publique plus accessible et compréhensible pour tous.
Monsieur le Directeur général, le ministre vient de saluer la pertinence du rôle d’appui et de conseil que joue l’ARCOP. Comment comptez-vous poursuivre cet accompagnement du COJOJ ?
Dr Moustapha DJITTÉ, Directeur général de l’ARCOP :
Le ministre Ibrahima WADE est un manager exemplaire. Ce qu’il accomplit au niveau du COJOJ est remarquable, et nous sommes heureux de collaborer avec lui. Nous allons intégrer le COJOJ à la plateforme APPEL, qui permet d’accélérer les procédures, de renforcer la transparence et d’optimiser l’utilisation des ressources. Cette innovation donne la possibilité au plus haut niveau de l’État de suivre en temps réel les marchés lancés et attribués par les administrations. Notre collaboration avec le COJOJ s’inscrit donc dans une logique de transparence totale, pour une organisation exemplaire des Jeux olympiques de la jeunesse de 2026.
