GOUVERNANCE DES PPP : Le Sénégal consolide son leadership africain, l’ARCOP, modèle régional cité en référence

GOUVERNANCE DES PPP : Le Sénégal consolide son leadership africain, l’ARCOP, modèle régional cité en référence

Le Sénégal confirme, une fois encore, la solidité de son système de régulation des Partenariats Public-Privé. En déplacement à Dakar le 20 novembre 2025, une délégation de l’Autorité de Régulation des Contrats Publics (ARCP) du Burundi est venue observer de près le fonctionnement de l’ARCOP, dont le modèle suscite un intérêt croissant sur le continent.

Dès les premiers échanges, les membres de la mission burundaise ont posé le décor en présentant l’organisation institutionnelle de leur pays. Chez eux, l’ARCP concentre l’ensemble du dispositif PPP, de la définition des projets jusqu’à la passation, en passant par l’élaboration des fiches techniques et le suivi d’exécution. Confrontée à plusieurs défis, notamment le suivi-évaluation et la résolution des différends, la délégation souhaitait comprendre comment le Sénégal a bâti un cadre aussi structuré et opérationnel.

Le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTÉ, a remonté le fil des réformes qui ont façonné l’architecture actuelle. Il est revenu sur le glissement progressif des délégations de service public vers les PPP à paiement public, un tournant qui a exigé un encadrement juridique plus robuste. Le Code des obligations de l’Administration y occupe désormais une place déterminante. La réforme de 2022, qui a donné naissance à l’ARCOP en élargissant considérablement ses prérogatives, a également été citée comme un moment charnière.

Pour illustrer ce rôle de régulateur, le Dr DJITTÉ a évoqué quelques cas qui ont récemment retenu l’attention, dont des différends où l’intervention de l’ARCOP a permis de trancher lorsque les administrations ne parvenaient plus à s’entendre. Ce type de situation, a-t-il expliqué, témoigne des responsabilités croissantes de l’institution et de la confiance placée en elle.

La délégation burundaise s’est aussi intéressée aux missions d’appui-conseil menées auprès des administrations, participant ainsi à la qualité du pilotage des PPP au Sénégal.

Les échanges ont permis de dresser un tableau comparatif entre les deux systèmes. Alors que l’ARCOP n’intervient que sur saisine ou dans le cadre d’audits et de dénonciations anonymes, son homologue burundaise dispose d’un dispositif de suivi semestriel qui débouche systématiquement sur des recommandations formelles. La question de la formation, souvent menée au Sénégal et intégrée aux missions régaliennes, a également suscité de nombreuses discussions.

En clôturant la session, le Directeur général de l’ARCOP a insisté sur la nécessité d’accompagner les administrations publiques pour réduire les disparités créées par la rareté des ressources et encourager un recours plus stratégique aux PPP. La délégation burundaise a salué la maturité du modèle sénégalais, qu’elle considère comme une référence crédible et utile pour les réformes en cours au Burundi.