Longtemps perçue comme un domaine complexe et réservé à une minorité d’acteurs, la commande publique s’ouvre progressivement aux femmes entrepreneures. Les 22 et 23 décembre, un atelier thématique organisé par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), en partenariat avec ONU Femmes, a réuni des femmes cheffes d’entreprise venues renforcer leurs capacités et lever les obstacles à leur accès aux marchés publics. Pour de nombreuses participantes, le premier frein n’était pas l’absence de compétences, mais le manque d’information. « Quand on parle d’appels d’offres, on imagine immédiatement des marchés de très grande envergure, inaccessibles aux petites structures », confie Dr Valérie QUENUM NDIAYE, entrepreneure du secteur des boissons et de la restauration. La formation a permis de déconstruire cette perception, en montrant qu’il existe des marchés de différentes tailles et des parcours progressifs d’accès à la commande publique.
Les échanges ont surtout permis d’évoquer l’importance de la maîtrise des procédures, de l’identification des opportunités et de la constitution de dossiers compétitifs, autant d’éléments essentiels pour donner aux entreprises dirigées par des femmes de réelles chances de succès. Pour le Directeur général de l’ARCOP, cet atelier s’inscrit pleinement dans la mission de régulation et d’inclusion portée par l’institution. « L’accès équitable à la commande publique est un levier stratégique de développement économique. À travers cet atelier, l’ARCOP entend lever les barrières informationnelles, renforcer les capacités des femmes entrepreneures et créer les conditions d’une participation plus inclusive et plus compétitive aux marchés publics », a déclaré le Dr Moustapha DJITTE. Il a également rappelé que la commande publique ne doit pas être perçue comme un espace fermé, mais comme un outil de politique publique au service du développement, de l’équité et de la promotion de l’entrepreneuriat féminin.

Au fil des sessions, les participantes ont découvert les dispositifs d’accompagnement mis en place par l’État sénégalais et les institutions partenaires. Certaines, déjà engagées sur les marchés internationaux, ont souligné la complémentarité entre leur expérience et les enseignements reçus. « Cette formation arrive à point nommé. Elle renforce nos capacités et nous permet de mieux appréhender les marchés nationaux, tout en tenant compte des mesures spécifiques prévues en faveur des femmes », témoigne Mme Aissatou FALL, cheffe d’entreprise.
Les discussions ont également porté sur les mécanismes de discrimination positive, la sécurisation des paiements et l’importance d’un accompagnement institutionnel pour lever les contraintes financières.
Un autre enseignement fort de l’atelier réside dans la promotion du travail collectif. Face aux exigences parfois élevées des marchés publics, les participantes ont été encouragées à constituer des groupements ou des consortiums. « On ne peut pas tout faire seule dès le départ. L’union entre femmes est une force qui permet d’accéder à des marchés jusque-là hors de portée », souligne une participante.

Les questions de financement ont occupé une place centrale dans les échanges. Les participantes ont été informées de l’existence de plateformes dédiées au dépôt de demandes de financement et de garantie, en lien avec les banques partenaires. Pour les marchés publics, des dispositifs spécifiques sont prévus afin de sécuriser l’exécution des contrats et renforcer la crédibilité des entreprises dirigées par des femmes.
À l’issue des deux jours d’atelier, les participantes repartent mieux informées, plus confiantes et résolument tournées vers l’action. « Nous savons désormais où aller, quelles démarches entreprendre et comment nous faire accompagner », résume l’une d’elles. À travers cette initiative, l’ARCOP et ONU Femmes réaffirment leur engagement en faveur d’une commande publique plus inclusive, considérée comme un véritable levier d’autonomisation économique des femmes et de transformation durable de l’économie nationale.