ACCÈS DES PME À LA COMMANDE PUBLIQUE : Un enjeu stratégique au cœur d’un mémoire de Master 2

ACCÈS DES PME À LA COMMANDE PUBLIQUE : Un enjeu stratégique au cœur d’un mémoire de Master 2

À l’occasion de la soutenance de son mémoire de Master 2 en Management et Régulation des Marchés publics, Mme DIOP Anta TOURE, auditrice de la 7e promotion du programme conjoint mis en œuvre par l’ARCOP, l’ENA et l’UCAD, a consacré ses travaux à une problématique centrale : l’accès des Petites et Moyennes Entreprises (PME) à la commande publique au Sénégal. Son étude pointe un paradoxe. Alors que les PME constituent un maillon essentiel du tissu économique national et un levier reconnu de croissance et de création d’emplois, leur participation aux marchés publics demeure en deçà des attentes. Conscient du potentiel de ces entreprises, l’État du Sénégal a pourtant engagé d’importantes réformes. Un cadre législatif et réglementaire favorable a été mis en place, accompagné de dispositifs d’appui technique et financier destinés à renforcer leur compétitivité. La commande publique est ainsi pensée comme un instrument de souveraineté économique, capable de soutenir le développement du secteur privé local. Cependant, les résultats escomptés ne sont pas pleinement atteints.

À travers une enquête menée auprès d’acteurs publics et privés, Mme DIOP Anta TOURE relève un décalage entre la volonté politique affichée et la mise en œuvre effective des mesures sur le terrain. Les autorités contractantes reconnaissent l’existence de mécanismes incitatifs tels que l’allotissement, la sous-traitance ou les marges de préférence. Mais leur application reste souvent irrégulière. De leur côté, les PME font face à plusieurs obstacles : manque de structuration, déficit d’information, difficultés d’accès au financement et méconnaissance des dispositifs conçus pour les soutenir. Cette situation se traduit par une faible participation aux appels d’offres et par une insertion limitée dans les circuits de la commande publique.

Pour remédier à ces insuffisances, le mémoire formule plusieurs recommandations. Parmi celles-ci figurent la mise en place d’un répertoire national des PME par secteur d’activité, le renforcement des capacités techniques et managériales des entrepreneurs, ainsi que la création d’un comité interministériel chargé d’assurer le suivi de l’applicabilité des mesures en leur faveur. L’auteure préconise également une meilleure synergie entre les institutions d’appui, notamment l’ARCOP, la DCMP, le FONGIP, la DER/FJ et l’ADEPME.

Elle souligne, par ailleurs, l’importance de la digitalisation des procédures, notamment à travers la plateforme APPEL initiée par l’ARCOP, qui contribue à renforcer la transparence, l’égalité d’accès à l’information et la traçabilité des marchés publics.

En définitive, ce travail académique plaide pour une approche plus cohérente et opérationnelle de la commande publique. Au-delà d’un simple outil de régulation, celle-ci doit être envisagée comme un levier stratégique de développement des PME. Sa pleine efficacité suppose une mise en œuvre rigoureuse des réformes, une gouvernance collaborative entre acteurs publics et privés, ainsi qu’un environnement institutionnel inclusif et transparent.