La Journée internationale des femmes 2026 nous place face à une exigence simple et forte : transformer les droits proclamés en résultats concrets. Le thème retenu cette année, « Droits, justice, action : pour toutes les femmes et les filles », invite à dépasser les discours pour inscrire l’égalité dans les faits. Au Sénégal, l’un des terrains où cette exigence prend tout son sens est celui de la commande publique.
La commande publique représente une part déterminante de l’activité économique nationale. Elle structure des secteurs entiers, soutient les entreprises, génère des emplois et influence durablement le développement territorial. Il est donc impératif d’en faire un instrument d’inclusion et non pas un choix accessoire.
Le décret n°2022-2295 du 28 décembre 2022 portant Code des marchés publics a intégré des mécanismes favorables aux petites et moyennes entreprises nationales, avec une part réservée aux entreprises dirigées par des femmes. Mais la réalité rappelle que l’accès aux opportunités ne dépend pas uniquement des textes. Beaucoup d’entreprises féminines se heurtent encore à des obstacles bien connus : difficulté d’accès à l’information, complexité des procédures, exigences administratives lourdes, accès limité au financement, insuffisance d’accompagnement technique.
Ces freins sont identifiés. Ils ne doivent plus être subis.

Ces dernières années, l’ARCOP a engagé des initiatives pour renforcer la compétitivité des femmes entrepreneures. Il s’agissait pour l’essentiel de sessions de formation à Dakar et dans les régions. Initiatives appuyées par des partenaires techniques et financiers, notamment ONU femme à travers le programme We-fi. A celles-ci sont venues s’ajouter désormais un dispositif d’appui technique destinés à améliorer la qualité des offres et la compréhension des procédures. L’objectif pour l’Autorité de régulation est de permettre aux entreprises féminines de participer pleinement, et non symboliquement, à la commande publique.
Cette dynamique s’inscrit dans un cadre politique plus large. Le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a réaffirmé en Conseil des ministres du 4 mars 2026 l’engagement de l’État en faveur de l’amélioration de la condition féminine, notamment en direction des femmes vivant en milieu rural. Le Chef de l’État a souligné l’importance qu’il accorde à l’éducation des jeunes filles, à l’égalité des genres et à la protection effective des droits des femmes.
Il a appelé à intensifier la lutte contre les discriminations et les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, tout en plaidant pour une implication plus forte des organisations féminines dans la mise en œuvre des politiques publiques, en particulier à travers des programmes renforçant l’autonomisation économique.
Le Président a également demandé au ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités d’accélérer les réformes nécessaires à la promotion économique et à la protection sociale des femmes. Dans la même dynamique, il a instruit, avant la fin de l’année 2026, d’engager des concertations nationales inclusives consacrées à la contribution des femmes à l’Agenda national de Transformation, Sénégal 2050.

Ces orientations donnent une portée nouvelle à la question de l’accès des femmes à la commande publique car l’autonomisation économique ne se résume pas à des dispositifs d’aide ; elle suppose un accès équitable aux marchés, aux financements, à l’information et aux opportunités. Faire de la commande publique un levier d’égalité, c’est reconnaître que les femmes ne demandent pas des privilèges, mais des conditions équitables pour exercer pleinement leur potentiel entrepreneurial. Ce que la réglementation leur confère du reste.
L’enjeu est de consolider les acquis, lever les obstacles persistants et assurer un suivi rigoureux des mécanismes favorisant les entreprises dirigées par des femmes.
Les droits sont affirmés.
Les orientations sont données.
L’action doit désormais produire des résultats mesurables.
Parce que l’égalité économique n’est pas une option. Elle est une condition du développement durable et de la transformation structurelle du Sénégal.