Lors de la rencontre avec la Banque islamique de développement (BID), le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTÉ, a présenté les axes stratégiques de sa réforme intitulée « Renouveau de la commande publique ». L’occasion d’exposer une ambition qui consiste à faire de la commande publique un levier central du développement économique et social du Sénégal. « Notre action vise avant tout à améliorer l’accès à l’information et à favoriser une discussion ouverte permettant d’identifier des pistes de coopération susceptibles d’accompagner la réalisation des projets dans notre pays », a insisté le Dr DJITTÉ.
La réforme proposée par le Directeur général comporte 9 axes appelé à structurer la politique de l’ARCOP. La modernisation numérique de la commande publique constitue le premier chantier. L’institution a développé la plateforme APPEL (Achats publics en procédures électroniques), actuellement en phase pilote, qui permet la publication des appels d’offres, la soumission électronique des offres et l’ouverture automatisée des plis. Une dématérialisation complète des procédures de passation des marchés publics est espérée d’ici fin 2026. Parallèlement, l’ARCOP a entrepris une digitalisation interne de ses processus, avec la signature électronique des décisions du Comité de règlement des Différends (CRD) et la délivrance en ligne des attestations de régulation. La mise à jour du manuel de procédures, la réorganisation de l’organigramme et le lancement d’une démarche de certification ISO 9001 viennent compléter cette dynamique.

D’autres projets phares concernent la mise en place d’une mercuriale des prix pour encadrer les coûts d’acquisition et l’harmonisation du registre de déclaration des bénéficiaires effectifs, afin de réduire les doublons et renforcer la transparence.
Le Dr DJITTÉ a également détaillé les efforts pour renforcer le rôle de l’ARCOP dans les partenariats public-privé (PPP), l’intégration des considérations environnementales dans les achats publics, et l’endogénéisation de la commande publique pour soutenir les PME locales. « Nous avons mis en place un bureau d’assistance destiné à accompagner les PME, hébergé par l’ADPME, pour leur permettre de mieux participer aux marchés publics », a précisé le Directeur général.
Face à cette vision ambitieuse, la Banque islamique de développement a salué les initiatives et réaffirmé son engagement à soutenir l’ARCOP. Le Directeur Hub régional de la BID, le Dr Nabil GHALLEB a déclaré : « Nous nous inscrivons pleinement dans une dynamique de renforcement du partenariat entre nos institutions, guidés par des objectifs communs. C’est-à-dire l’amélioration de la gouvernance, l’efficacité et la transparence du système de passation des marchés publics. Nous avons particulièrement noté l’importance de la digitalisation, qui représente un véritable levier pour fiabiliser les procédures ».

La BID s’est également engagée à accompagner l’usage des systèmes nationaux de passation, à identifier des prestataires compétents dans le cadre du mécanisme de reverse linkage favorisant la coopération Sud-Sud et à encourager l’échange de bonnes pratiques entre pays. Le Sénégal, par ses avancées en matière de digitalisation, pourrait ainsi devenir une référence régionale pour harmoniser les procédures de commande publique.
Cette rencontre marque une étape importante dans la mise en œuvre du « Renouveau de la commande publique » au Sénégal, associant modernisation numérique, soutien au secteur privé national et coopération internationale. Les prochaines étapes viseront à généraliser la digitalisation, à renforcer les capacités des administrations et à garantir que les PME locales bénéficient pleinement de ce nouvel élan.
| Intérêt pour la digitalisation et les audits Possibilité de financements complémentaires Appui à la diffusion des standards de passation Mobilisation du mécanisme de coopération Sud-Sud |
