LE SECTEUR PRIVÉ DU BTP FACE AU DÉFI DE LA COMMANDE PUBLIQUE : Entre opportunités et nécessité d’accompagnement

LE SECTEUR PRIVÉ DU BTP FACE AU DÉFI DE LA COMMANDE PUBLIQUE : Entre opportunités et nécessité d’accompagnement

L’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP) a organisé, une rencontre cruciale avec les acteurs du BTP pour échanger sur l’implication du secteur privé dans la réalisation des projets d’infrastructures. Selon le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTE, il s’agit d’une « opportunité unique pour le secteur privé de participer activement à la réalisation de la commande publique, le contexte est favorable à l’endogénéisation ». En effet, avec l’avènement d’une nouvelle administration et d’une vision repensée du développement économique, le Dr DJITTE souligne que « la question de l’endogénéisation occupe une place centrale. Toutes les dispositions sont prises pour positionner le secteur privé au cœur du développement ». C’est dans cette dynamique que l’ARCOP a entrepris une réorganisation interne en mettant en place un poste spécifiquement dédié à l’accompagnement du secteur privé.

Malgré un cadre légal et des mécanismes incitatifs favorisant l’implication du secteur privé, ces dispositifs restent souvent méconnus ou mal exploités. « Notre objectif est d’informer et de vulgariser ces outils qui facilitent l’accès du secteur privé à la commande publique. Nous sommes convaincus que le développement repose sur un secteur privé fort, capable de créer de la richesse et des emplois », insiste le Dr DJITTE.

Par ailleurs, il appelle à « encourager une culture de l’investissement » et à renforcer la formation et la sensibilisation des entrepreneurs aux opportunités disponibles, notamment en matière de Partenariats Public-Privé (PPP). Les offres spontanées, par exemple, restent sous-exploitées alors qu’elles pourraient constituer un levier important pour le secteur privé national.

Un secteur du BTP dynamique mais en manque de reconnaissance

Pour le Président des syndicats patronaux du BTP affiliés au CNP et à la CNES (SPEBTPS et SNBTP), M. Oumar Ndir, le BTP sénégalais est l’un des plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, mais souffre d’un manque de reconnaissance. Il rappelle que le savoir-faire des entreprises locales s’est exporté à travers la sous-région et que de nombreuses infrastructures majeures du pays portent la signature du secteur privé national. Cependant, il déplore une « ostracisation » du secteur au profit d’entreprises étrangères ces dernières années, ce qui a entraîné une crise de reconnaissance et des difficultés financières, aggravées par des créances impayées de l’ordre de 453 milliards de francs CFA.

M. Oumar Ndir appelle à un changement de paradigme, où le secteur privé du BTP ne dépendrait plus uniquement des commandes publiques, mais développerait des projets avec des financements autonomes. « Aujourd’hui, notre modèle repose encore trop sur l’Etat. Il nous faut créer des opportunités permettant de monter des projets de manière indépendante et ainsi éviter les retards de paiement », insiste-t-il.

L’avenir du BTP repose donc sur une meilleure organisation, un renforcement des capacités et une plus grande diversification des sources de financement. La collaboration avec l’ARCOP pour démocratiser l’accès aux outils de la commande publique et encourager les initiatives privées constitue une étape essentielle pour atteindre cet objectif.