Faciliter l’accès des startups à la commande publique constitue désormais un chantier clairement identifié par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP). En partenariat avec la Commission d’évaluation, d’appui et de coordination des startups (CEAC), l’institution poursuit une démarche engagée depuis plusieurs mois autour de l’adaptation des outils de la commande publique aux réalités des jeunes entreprises innovantes. Cette démarche s’inscrit dans le processus d’actualisation des dossiers types de marchés publics. Le Sous-comité Startups travaille sur cette question depuis le 21 juillet 2026. L’examen porte sur les 16 dossiers types couvrant notamment les prestations intellectuelles, les services, les travaux et les fournitures. À ce stade, 38 points de diagnostic ont été identifiés. L’atelier organisé avec l’écosystème des startups a ainsi constitué une étape de concertation destinée à confronter les premières conclusions du Sous-comité aux réalités vécues par les entreprises. Près de 40 startups labellisées ont pris part à la rencontre du 21 septembre, selon l’ARCOP.
Pour Mme Fagueye MBAYE, juriste chargée du programme du secteur privé à la Direction juridique et de la promotion du secteur privé de l’ARCOP, la rencontre répond à un double objectif : « poser les jalons d’une relecture des dossiers types pour le sous-comité Startups » et sensibiliser l’écosystème aux dispositions prévues par la réglementation en faveur du secteur privé et des startups. L’enjeu est également d’identifier les difficultés qui peuvent freiner la participation des startups aux procédures de commande publique. Les échanges doivent permettre de faire émerger des éléments de réponse et des recommandations susceptibles d’alimenter la suite des travaux.

Cette orientation rejoint les travaux officiellement engagés par l’ARCOP sur l’actualisation des dossiers types. L’institution indique notamment que cette révision doit permettre d’intégrer les évolutions du Code des marchés publics issu du décret n°2022-2295 du 28 décembre 2022, mais également de mieux prendre en compte les achats publics durables et les exigences environnementales, sociales, de santé et de sécurité.
Des mécanismes réglementaires à mieux faire connaître
La démarche ne porte donc pas uniquement sur la modification éventuelle des outils. Elle comprend également un volet de sensibilisation destiné à permettre aux startups de mieux connaître les mécanismes existants. L’ARCOP rappelle que le Code des marchés publics prévoit déjà des dispositifs susceptibles de favoriser la participation des startups sénégalaises, notamment des mécanismes de préférence et la possibilité de réserver certains marchés. L’enjeu identifié par l’institution est désormais de traduire effectivement ces mécanismes dans les outils utilisés par les acheteurs publics. Cette dimension explique l’importance accordée à la formation de l’écosystème.
La deuxième journée des travaux a été consacrée à la formation des startups sur les différentes étapes d’une procédure de commande publique L’ARCOP rappelle que le Code des marchés publics prévoit déjà des dispositifs susceptibles de favoriser la participation des startups sénégalaises, notamment des mécanismes de préférence et la possibilité de réserver certains marchés. L’enjeu identifié par l’institution est désormais de traduire effectivement ces mécanismes dans les outils utilisés par les acheteurs publics. Cette dimension explique l’importance accordée à la formation de l’écosystème. La formation a ainsi porté sur les informations à rechercher, la préparation des candidatures, la constitution et le dépôt des dossiers ainsi que le suivi des procédures.

Les participants ont également été familiarisés avec APPEL – Achats publics en procédures électroniques, la plateforme de dématérialisation mise en place par l’ARCOP. Lancée en octobre 2025, APPEL vise à permettre la dématérialisation progressive des procédures de passation des marchés publics. L’ARCOP indique que la plateforme permet notamment de consulter les opportunités de marché et de suivre les différentes étapes des procédures. L’outil fait partie intégrante de la stratégie de modernisation de la commande publique. En juillet 2026, l’ARCOP indiquait que 104 autorités contractantes étaient déjà enrôlées sur la plateforme, contre 50 lors de la phase pilote.
Une attention portée aux jeunes et aux femmes
La formation a également permis de revenir sur les avantages prévus pour certaines catégories d’entreprises. « Les startups qui sont dirigées par des jeunes ont des avantages. Les startups dirigées par des femmes ont également des avantages », a rappelé Bocar THIAM. Cette question rejoint les orientations affichées par l’ARCOP dans le cadre de sa politique d’ouverture de la commande publique au secteur privé national. L’institution indique accorder une attention particulière aux entreprises détenues ou dirigées par des femmes et souhaite renforcer leur visibilité dans les procédures.

Au-delà de ces deux journées, l’ARCOP et la CEAC entendent poursuivre le travail engagé. La relecture des dossiers types doit permettre de transformer les constats établis avec les startups en propositions concrètes, dans le respect du cadre juridique applicable à la commande publique.
Cette démarche s’inscrit plus largement dans la politique d’endogénéisation de la commande publique portée par l’ARCOP. L’institution présente la commande publique comme un instrument pouvant contribuer au développement du secteur privé national, à l’innovation et à l’ouverture de nouvelles opportunités d’affaires pour les entreprises sénégalaises.
Pour Bocar THIAM, la dynamique engagée doit se poursuivre : « Les travaux ne font que commencer. Nous allons continuer. Le but est que nous puissions avoir des startups championnes dans notre domaine au Sénégal. »
La prochaine étape consiste ainsi à poursuivre le dialogue entre les institutions chargées de la commande publique, la CEAC et les startups, afin de faire évoluer les outils, améliorer l’information disponible et renforcer la capacité des jeunes entreprises à accéder aux opportunités offertes par les marchés publics.