VISION COMMUNE POUR LE RENOUVEAU DE LA COMMANDE PUBLIQUE AU SÉNÉGAL : Le Secteur privé Bureaux d’Etudes trouve oreille attentive auprès de Directeur général de l’ARCOP

VISION COMMUNE POUR LE RENOUVEAU DE LA COMMANDE PUBLIQUE AU SÉNÉGAL : Le Secteur privé Bureaux d’Etudes trouve oreille attentive auprès de Directeur général de l’ARCOP

La délégation des Bureaux d’Etudes et Bureaux d’Ingénierie Conseil a partagé les problèmes rencontrés dans le secteur. C’était lors d’une rencontre avec le Dr Moustapha DJITTE et ses collaborateurs le jeudi 5 décembre 2024. Les Bureaux d’Études ont donné l’exemple des obstacles rencontrés lors de la soumission des dossiers, avec des exigences parfois complexes des autorités contractantes, notamment en termes d’expérience et de conformité. Un autre défi majeur concerne l’accès limité à l’information sur les Offres d’Initiative Privée (OIP). Ces dernières se déclinent en deux catégories : les Offres d’Initiative Privée de Préparation OIPP) et les Offres d’Initiative Privée de Réalisation (OIPR).

Bien que l’État ait réalisé des efforts pour vulgariser ces mécanismes, ils restent largement méconnus des Bureaux d’Etudes, admet un membre de la délégation qui souhaite plus de sensibilisation pour renforcer leur capacité à profiter des opportunités offertes par les Partenariats Public-Privé (PPP).

Mme Seynabou DIALLO, Directrice général du Cabinet intek a reconnu que le secteur privé a parfois adopté une approche attentiste, négligeant d’aller activement à la recherche d’informations. Cependant, cette prise de conscience a conduit à des actions concrètes, notamment un lobbying intensif entre les bureaux d’études pour mieux comprendre les lois en vigueur et maximiser les opportunités offertes.

Présidant la séance, le Directeur général de l’ARCOP a exprimé sa volonté de travailler avec les acteurs du secteur privé dans leur pluralité pour arriver à une ‘’endogénéisation’’ de la commande publique au Sénégal. Le Dr DJITTE a relevé que le Code des marchés publics et la loi sur les contrats de partenariats ont prévu des dispositions promotrices du secteur privé. Ce qui appelle, selon lui, des mesures d’opérationnalisation qu’il compte mettre en œuvre en collaboration avec le secteur privé dans le cadre de la stratégie de renouveau de la Commande publique. Sachant que le secteur privé est pluriel, il a informé qu’il a déjà adressé des correspondances aux deux grandes organisations du patronat (CNES et CNP) pour engager la réflexion afin de mettre en œuvre la volonté des autorités de promouvoir le souverainisme économique.

Il a été convenu que des efforts d’introspection sont nécessaires. Les bureaux d’études, tout comme les autorités contractantes, doivent reconnaître leurs erreurs, proposer des améliorations et collaborer de manière constructive pour développer le secteur.

L’implication de l’ARCOP, dirigée par le Dr Moustapha DJITTE, a été largement saluée. Mme Diallo a décrit le Directeur général comme un « professeur », dont les interventions et les plaidoyers en faveur des PPP inspirent le secteur. Lors de la réunion, des jalons concrets ont été posés pour renforcer la collaboration : définir un cadre de travail clair, mettre en œuvre des actions spécifiques de part et d’autre et créer des synergies entre les bureaux d’études et les autorités contractantes.

L’ARCOP s’est montrée réceptive aux préoccupations soulevées, marquant un changement de paradigme notable. Mme Diallo s’est dite optimiste quant à l’avenir, soulignant l’importance d’un dialogue transparent et d’une coopération renforcée pour atteindre les objectifs de développement.

La délégation du secteur privé représentative des Cabinets et des Bureaux d’Etudes a souligné les difficultés rencontrées pour capter les études engagées dans le cadre des marchés de travaux entreprises par les administrations qui semblent privilégier les Bureaux d’Etudes étrangers

Ainsi, ils souhaitent une meilleure implication dans la phase de conception et de montage des Cabinets d’Ingénierie sénégalais pour favoriser l’industrie locale. Dans ce cadre, ils ont adressé des correspondances de manifestation d’intérêt à certaines agences d’ exécution.

Le recours aux bureaux d’étude sénégalais a l’avantage de promouvoir le contenu local et favoriser la durabilité des ouvrages. Dans ce cadre, ils ont manifesté les difficultés de préfinancement des études.

Sur les contrats de partenariat public-privé, le Directeur général de l’ARCOP a exposé les opportunités existantes notamment la formulation d’offres d’initiative privée et l’accompagnement des autorités contractantes dans la définition de la stratégie de contenu local.

Sur un autre registre, le Moustapha DJITTE a souligné que le Code de la construction exige l’agrément pour les Bureaux d’Études.

Après avoir entendu ses hôtes et ses collaborateurs, le Directeur général de l’ARCOP a retenu les mesures suivantes :

  • Création d’un groupe WhatsApp pour faciliter les échanges entre l’ARCOP et le secteur privé en attendant la mise au point d’une plateforme plus adéquate ;
  • Mise en place et réalisation d’un programme de formation spécifique au secteur privé ;
  • Identification et classification des bureaux d’étude et leurs des difficultés ;
  • Formulation des solutions concertées dont l’inclusion de clause obligatoire de recours aux bureaux d’étude sénégalais ;
  • Organisation d’un dialogue directe avec les autorités contractantes à l’occasion de journées d’étude ;
  • Positionner les Cabinets d’Ingénierie dans la réalisation des études avant-projet sommaire et autres études dans les contrats de partenariat public-privé ;
  • Travailler pour l’adoption d’une stratégie de contenu local dans les contrats de partenariat public-privé ;
  • Mener le plaidoyer auprès du gouvernement pour les mesures qui ressortent de sa compétence