AUTONOMISATION DES FEMMES : L’IRCOP, centre de formation de l’ARCOP offre un cadre d’échanges intergénérationnels

AUTONOMISATION DES FEMMES : L’IRCOP, centre de formation de l’ARCOP offre un cadre d’échanges intergénérationnels

ONU Femmes, en partenariat avec l’Ambassade d’Irlande au Sénégal, a organisé un dialogue intergénérationnel visant à créer un espace d’échange inclusif entre différentes générations de femmes et d’hommes engagés pour l’égalité des sexes. Ces discussions se sont tenues le 26 mars 2025 à l’Institut de Régulation de la Commande Publique (IRCOP), le centre de formation de l’ARCOP. Le choix de ce lieu s’explique par le partenariat entre l’agence onusienne et l’organe de régulation, qui œuvre pour un meilleur accès des femmes à la commande publique. De plus, l’un des thèmes abordés portait sur l’éducation et l’autonomisation économique des femmes.

En présidant la cérémonie d’ouverture au nom du Directeur général de l’ARCOP, Mme Poulmery BA NIANG, Directrice de la Formation et de l’Appui Technique (DFAT), a dressé le bilan de la collaboration entre l’ARCOP et ONU Femmes : « Cinq ans après la signature de notre convention, il est réjouissant de constater les avancées majeures réalisées. » Les résultats sont prometteurs : « Aujourd’hui, plus d’un millier de PME dirigées par des femmes et environ 150 fonctionnaires de l’État ont été formés aux procédures de la commande publique à travers les deux phases du programme », a-t-elle affirmé.

Prenant la parole, Mme Khady FALL TALL, présidente de l’Association des Femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO/WAWA) et membre du Conseil de Régulation de l’ARCOP au titre de la société civile, a mis évoqué les dispositifs incitatifs intégrés dans le cadre juridique de la commande publique au Sénégal, qui bénéficient aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, y compris les femmes.

En effet, l’article 6 du Décret n° 2022-2295 du 28 décembre 2022 portant Code des Marchés Publics impose aux autorités contractantes de réserver au moins cinq pour cent (5 %) de la valeur totale de leurs marchés annuels aux acteurs de l’économie sociale et solidaire ainsi qu’aux PME nationales. Cette mesure concerne les administrations dont le budget annuel dépasse un seuil défini par arrêté du Ministre chargé des Finances. Sur ce quota, deux pour cent (2 %) sont spécifiquement alloués aux PME dirigées par des femmes.

Par ailleurs, le Décret n° 14-43 du 27 octobre 2022, portant application de la loi relative aux contrats de partenariat public-privé, prévoit des mesures de faveur dans des limites réglementaires précises, afin d’avantager les entreprises dont l’actionnariat est majoritairement féminin ou celles comptant plus de 50 % de femmes parmi leur personnel.

Cependant, Mme FALL TALL a relevé les défis persistants auxquels les femmes sont confrontées pour accéder à la commande publique, malgré ces dispositifs. Elle a insisté sur le fait que ces marchés représentent une part essentielle des ressources du pays et dénoncé l’injustice qui prive une grande partie de la population de ces opportunités en raison d’un manque de formation ou de moyens financiers.

De son côté, la représentante résidente d’ONU Femmes au Sénégal, Mme Arlette MVONDO, a mis en exergue les violences sous toutes leurs formes — physiques, psychologiques, émotionnelles et sexuelles — comme des entraves majeures à l’autonomisation économique des femmes. Elle a expliqué comment ces violences érodent la confiance en soi et freinent l’entrepreneuriat féminin. Elle a souligné l’importance cruciale du renforcement de l’estime de soi et de l’indépendance financière, qui sont des leviers essentiels pour permettre aux femmes de surmonter ces obstacles et de réduire leur vulnérabilité face aux violences.