Mieux connaître les règles pour mieux se positionner. C’est l’un des enseignements de l’atelier organisé conjointement par l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) et la Commission d’Évaluation, d’Appui et de Coordination (CEAC), dans le cadre des actions engagées pour faciliter l’accès des startups à la commande publique. C’était le 21 septembre dernier. Durant deux jours, les participants ont pu échanger sur les procédures de marchés publics, la propriété intellectuelle et les prestations intellectuelles, avant de passer aux exercices pratiques sur APPEL, achats publics en procédures électroniques, la plateforme numérique gérée par l’organe de régulation et destinée à la dématérialisation des procédures d’achats publics opérationnelle depuis maintenant un an.
Une approche qui a permis à plusieurs startups de découvrir des aspects de la commande publique qu’elles connaissaient encore peu. Pour Ousmane DIALLO, représentant d’Enerctic AI, l’intérêt de la formation tient justement à cette combinaison entre explications et pratique. « Maintenant, on comprend comment ça se passe » Enerctic AI est une startup sénégalaise spécialisée dans l’intelligence industrielle et l’industrie 4.0. Elle développe notamment des solutions de maintenance prédictive, d’optimisation de la consommation énergétique et de jumeaux numériques. « Nous avons appris beaucoup de choses que nous ne connaissions pas », explique Ousmane DIALLO, citant notamment la propriété intellectuelle, les prestations intellectuelles et la passation des marchés.

La formation lui a également permis de mieux comprendre les démarches pour accéder aux marchés de l’État.
La deuxième journée a été consacrée à des exercices pratiques, avec notamment la création de comptes sur la plateforme APPEL et des simulations de soumission. « Avec la création de nos comptes et les tests, nous avons fait deux appels d’offres sur les lots 1 et 2 », raconte-t-il. Pour la startup, l’exercice doit aussi permettre de mieux comprendre les éventuelles erreurs et de savoir comment améliorer les prochaines candidatures.
Une découverte pour certaines startups
Cissé YATERA, directrice générale d’ESP-SN et fondatrice de CIBILY CBC, a également apprécié cette immersion dans l’univers de la commande publique. ESP-SN intervient dans la formation des agents de sécurité tandis que CIBILY CBC est spécialisée dans la formation aux métiers domestiques et de services. « Cette formation nous a vraiment éveillée à tous les process et à tout l’existant concernant ces types de commandes », souligne-t-elle. Pour elle, l’intérêt est aussi de permettre aux startups de mieux se positionner face aux entreprises de plus grande taille. « Cette formation nous donne, à nous startups, des perspectives de pouvoir vraiment candidater et d’être assurées d’avoir les mêmes chances que d’autres entreprises beaucoup plus importantes », estime-t-elle.
La participante a par ailleurs pris part aux travaux consacrés aux 38 points de diagnostic issus de la relecture des dossiers types. Son groupe a notamment travaillé sur les questions de garantie et de trésorerie. « J’ai eu le plaisir que ma voix soit entendue pour d’éventuels axes d’amélioration », ajoute-t-elle.
Faire circuler l’information
Pour Fanta DIOP COULIBALY, représentante de FESTIK, association de femmes sénégalaises du numérique, la question de l’information reste centrale. L’association accompagne les femmes dans la transformation numérique à travers la formation, le mentorat, le networking et le plaidoyer. Elle considère que l’atelier ARCOP-CEAC constitue un moyen de mieux faire connaître la commande publique aux startups accompagnées par les structures de l’écosystème. « Cette journée de sensibilisation nous permettra, en tant qu’organisme qui regroupe et encadre les startups, de leur montrer l’accessibilité au marché public au niveau de l’État », explique-t-elle.

Les participants ont également pu parcourir les différentes étapes d’une procédure, depuis la préparation du dossier jusqu’à la soumission et au suivi.
« Tout le monde n’a pas accès à ces informations »
Même constat chez Awa NDIAYE DIA, CEO et fondatrice de Njurel, une startup active dans la télémédecine, notamment dans la santé de la mère et de l’enfant. La structure dispose également d’un mini-centre d’appel médical et propose des services de téléassistance psychologique. Elle insiste sur l’importance de ce type d’initiative pour les jeunes entreprises. « Tout le monde n’a pas accès à ces informations-là sur tout ce qui est commandes publiques », relève-t-elle.
La formation lui a notamment permis de mieux comprendre les procédures à suivre pour répondre à un appel d’offres public et de se familiariser avec la plateforme APPEL.

Pour Ndeye Ndela DIOUF, chef de projet de l’application Kaay Lire, l’expérience a également été enrichissante. « C’est un plaisir pour nous de participer à cette formation en tant que startup, pour innover et impacter », témoigne-t-elle.
De nouveaux repères pour les entreprises innovantes
Mohamed BA, fondateur de SEKHEM-ETHOS, startup spécialisée dans le Geo-AI, a lui aussi retenu les enseignements pratiques de la session. Son entreprise développe des modèles utilisant les données géospatiales, notamment sur des problématiques liées à l’environnement et au climat. « On a beaucoup appris sur les meilleurs moyens d’accéder à la commande publique », indique-t-il.
Au fil des témoignages, les mêmes préoccupations apparaissent : connaître les procédures, savoir où trouver l’information, préparer correctement son dossier et pouvoir utiliser les outils numériques mis à disposition. C’est précisément sur ces aspects que l’ARCOP et la CEAC entendent agir à travers cette démarche de sensibilisation et d’accompagnement des startups.
Pour ces jeunes entreprises, l’enjeu est désormais de mettre en pratique les connaissances acquises et de mieux saisir les possibilités offertes par la commande publique.