ENDOGÉNEISER LA COMMANDE PUBLIQUE POUR BÂTIR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE : Implication accrue du secteur privé national et optimisation des PPP, le plaidoyer du DG de l’ARCOP

ENDOGÉNEISER LA COMMANDE PUBLIQUE POUR BÂTIR UN DÉVELOPPEMENT DURABLE : Implication accrue du secteur privé national et optimisation des PPP, le plaidoyer du DG de l’ARCOP

À l’occasion de la 24e session des Assises économiques du MEDS, tenue ce jeudi 11 septembre 2025, sur le thème central Contribution du secteur privé dans la stratégie nationale de développement à l’horizon 2029, le Directeur général de l’ARCOP a fait une communication sur la compétitivité des entreprises sénégalaises dans un marché continental et international en pleine mutation. D’emblée, il a salué la place centrale désormais accordée à la commande publique dans les débats économiques. « La commande publique, ce sont les procédures qui assurent l’utilisation des ressources collectées. Elle est au cœur du développement, car elle permet au secteur privé de capter des parts de marché, de réaliser des projets et de créer des richesses », a-t-il déclaré.

Le DG de l’ARCOP a rappelé que la Stratégie nationale de développement économique, chiffrée à 18 000 milliards de FCFA, réserve 12 000 milliards de financements directs de l’État au secteur privé national, les 5 600 milliards restants devant être mobilisés via des partenariats public-privé (PPP). Le Code des marchés est clair. Lorsqu’un projet est financé par des ressources internes, il est fermé aux opérateurs étrangers. Il avertit : « c’est une opportunité de taille pour nos entreprises, mais elles doivent renforcer leurs capacités pour en tirer pleinement profit ».

Face aux contraintes budgétaires, le recours aux PPP apparaît incontournable. La loi de 2021 impose un cadre rigoureux et ouvre deux possibilités : répondre aux appels d’offres lancés par l’État ou initier des projets privés soumis à l’approbation des autorités. Or, regrette M. DJITTÉ, « peu d’opérateurs nationaux s’emparent de cette faculté, laissant le champ aux entreprises étrangères ». Pourtant, le rapport 2023 de l’ARCOP montre que 69 % des marchés publics sont déjà captés par le secteur privé national et communautaire.

Réformes juridiques et incitations sous-exploitées

De plus, la redéfinition de l’« entreprise nationale » en 2021 constitue, selon lui, une « révolution juridique ». Elle exige désormais qu’au moins 51 % du capital et de l’exécution soient détenus par des ressortissants sénégalais ou communautaires. De plus, les textes prévoient des incitations fortes : obligation faite aux attributaires étrangers de céder 33 % des sociétés de projet au secteur privé national, et réservation des projets PPP de moins de 5 milliards aux entreprises locales. « Mais ces dispositions restent trop peu exploitées », a-t-il regretté.

Le DG de l’ARCOP a mis en avant les projets structurants que sont les agropoles, organisés autour de chaînes de valeur agricoles intégrées, et la réforme en préparation pour développer un véritable secteur privé territorial. Il a aussi évoqué un instrument financier en gestation pour racheter les créances dues aux entreprises, afin de les protéger des retards de paiement de l’État. Enfin, il a annoncé le lancement de la plateforme de dématérialisation de la commande publique, un outil capable, selon lui, de générer « jusqu’à 300 milliards de FCFA d’économies annuelles » tout en renforçant transparence et compétitivité.

En conclusion, Dr Moustapha DJITTÉ a réaffirmé la ligne directrice de l’ARCOP : « Endogénéiser la commande publique pour mettre le secteur privé national au cœur du développement économique et social du pays ».