ENDOGENEISATION DE LA COMMANDE PUBLIQUE : Il revient au secteur privé d’opérer les ajustements nécessaires

ENDOGENEISATION DE LA COMMANDE PUBLIQUE : Il revient au secteur privé d’opérer les ajustements nécessaires

L’ARCOP mise sur l’endogénéisation et le développement du secteur privé territorial. Une volonté réaffirmée par le Directeur général de l’organe de régulation, le Dr Moustapha DJITTE, ce jeudi 11 septembre à l’occasion de la 24e session des Assises économiques du MEDS sur le thème central Contribution du secteur privé dans la stratégie nationale de développement à l’horizon 2029. Le Dr DJITTE a délivré une communication qui avait pour thème : la compétitivité des entreprises sénégalaises dans un marché continental et international en pleine mutation. Il a présenté les nouvelles orientations de la commande publique sénégalaise, centrées sur le renforcement du secteur privé national et la promotion d’un « secteur privé territorial » capable de jouer un rôle moteur dans le développement économique du pays.

Selon le DG, la loi de 2021 sur les partenariats public-privé (PPP) a profondément modifié la définition de l’entreprise nationale : « Aujourd’hui, elle est considérée comme entreprise nationale au sens de la loi PPP. L’entreprise est établie sur le territoire sénégalais. Et donc le capital et le personnel d’exécution est composé au moins de 51 % de ressortissants sénégalais ou communautaires. Et ça, c’est une définition qui a été consacrée par la loi 2021. Avant cette loi, l’entreprise nationale, c’était l’entreprise immatriculée au Sénégal ».

Le Directeur général a rappelé que le cadre juridique actuel offre au secteur privé sénégalais un ensemble d’incitations favorables, encore trop peu exploitées : « Je parle du cadre juridique de la commande publique, notamment le décret sur les PPP et le décret sur les marchés publics. Voilà des textes qui regorgent d’incitations, mais particulièrement généreuses, pour le secteur privé national, mais qui, en réalité, ne profitent pas à notre secteur privé national ».

Il a illustré son propos avec un exemple concret : « Dans le cadre des PPP, la loi prévoit, à travers son article 6, que tout opérateur étranger attributaire d’un projet PPP au Sénégal a l’obligation de mettre en place une société de projet, et dans la capitalisation de ladite société, les 33 % reviennent de droit à notre secteur privé national. Moi, j’ai été coordonnateur des projets PPP de l’administration au Sénégal. Tous les projets que nous avons déroulés, pas une seule fois un opérateur du secteur privé n’a pu prendre ses parts ».

Pour renforcer le tissu économique local, l’ARCOP porte également des initiatives autour du « secteur privé territorial » : « Quand on parle de secteur privé territorial, l’objectif est que demain, quand les pôles territoriaux seront mis en place, chaque fois qu’il est question de marché ou de PPP, le secteur privé territorialisé puisse être privilégié par rapport aux autres. Il ne s’agit pas de demander au secteur privé de venir au niveau local, mais de créer les conditions permettant au secteur privé, qui est déjà local, de se développer ».

Moustapha DJITTE a souligné l’importance de projets structurants comme les agropoles, qui couvrent aujourd’hui le territoire national : « Sur chaque agropole, on crée des conditions permettant, à travers le projet, d’installer des magasins de stockage, d’aménager des domaines agricoles, de mettre en place des écoles de formation pour accompagner et booster la production agricole. Ensuite, on installe des unités de transformation qui permettent de ne pas exporter des produits non finis, mais de les transformer et d’en assurer la commercialisation ».

Enfin, le Directeur général de l’ARCOP a évoqué la problématique des retards de paiement de l’État et les solutions envisagées : « Nous avons proposé de mettre en place un dispositif financier qui permet, chaque fois qu’un opérateur privé aura fini de réaliser un marché, que l’instrument financier créé par l’État puisse racheter la créance et payer le secteur privé pour ne pas l’essouffler. Après cette créance rachetée, l’instrument pourra procéder à sa titrisation et à son optimisation sur le marché financier ».

Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à « endogéniser » la commande publique et à garantir que le secteur privé sénégalais, et en particulier les entreprises locales, puisse bénéficier pleinement des opportunités offertes par les marchés publics et les partenariats public-privé.