C’est une étape qualifiée d’ « historique » par les participants. Le 16 septembre 2025, s’est tenu à Dakar un atelier d’échanges consacré à l’accès des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) à la commande publique, en présence du ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Dr Alioune DIONE, du Directeur général de l’ARCOP, Dr Moustapha DJITTÉ et de Mme Khady FALL TALL, membre du Conseil de régulation de l’ARCOP.;

Dans son discours d’ouverture, le ministre a souligné l’importance capitale du rôle joué par les acteurs de l’économie populaire dans la dynamique nationale. « Nous disposons aujourd’hui d’un cadre législatif et réglementaire solide qui leur permet d’accéder à la commande publique, ce qui n’était pas le cas auparavant », a rappelé Dr DIONE. Il a salué l’engagement de l’ARCOP, qui a initié la démarche pour mieux intégrer, conformément à l’esprit de l’économie sociale et solidaire, ces acteurs dans l’activité économique nationale. « Cet atelier de planification stratégique et opérationnelle doit poser les bases pour que ces acteurs puissent effectivement prétendre aux marchés publics et contribuer au développement socio-économique du pays », a-t-il affirmé.
Malgré les avancées, le ministre a reconnu l’existence de nombreux freins : manque de communication, déficit technique, problèmes de formation, mais aussi faible capacité organisationnelle des structures de l’ESS. Il précise : « Nous travaillons à relever ces défis. Le processus d’identification et d’agrément des organisations de l’économie sociale et solidaire est déjà en cours. Nous sommes passés de trois agréments il y a peu à plus de cinq cents aujourd’hui ».
Cette base de données, a-t-il ajouté, sera partagée avec l’ARCOP afin d’éviter toute usurpation et de garantir que seuls les véritables acteurs de l’ESS accèdent aux marchés réservés.

Dr Alioune DIONE a replacé cette initiative dans le cadre des orientations stratégiques fixées par le Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, et le Premier ministre Ousmane SONKO. « La commande publique doit être plus qu’un instrument de régulation économique. Elle doit devenir un moteur d’inclusion, de justice sociale et de développement durable », a-t-il martelé.
Il a rappelé que l’article 6 du Code des marchés publics impose aux autorités contractantes de réserver au moins 5 % de la valeur totale de leurs marchés aux acteurs de l’ESS et aux PME nationales, dont 2 % spécifiquement aux entreprises dirigées par des femmes. Une disposition renforcée par l’arrêté ministériel du 5 juillet 2024, fixant des seuils budgétaires clairs pour l’application de ces quotas.
« Ces mesures sont bien plus qu’une obligation légale. Elles incarnent un acte de solidarité nationale et un engagement fort pour l’intégration de l’ESS dans notre économie formelle », a insisté le ministre.
Au-delà des textes, Dr DIONE a insisté sur la nécessité de passer à la mise en œuvre concrète. Les défis identifiés concernent notamment l’accès limité à l’information, les difficultés liées aux procédures administratives, l’accompagnement financier insuffisant et la faible capacité de réponse des structures de l’ESS face aux grandes entreprises. « Cet atelier doit nous permettre de co-construire une approche nouvelle, afin de transformer ces défis en opportunités et de bâtir une commande publique inclusive », a plaidé le ministre, en réitérant sa gratitude à l’ARCOP et aux partenaires techniques et financiers.

Le Dr Alioune DIONE a rappelé l’enjeu de cette dynamique qui pour lui, consiste à « intégrer l’économie sociale et solidaire dans la commande publique, c’est contribuer à la création d’emplois décents, à la réduction de la précarité, à l’autonomisation des femmes et des jeunes, et au renforcement de la résilience de nos territoires ». Il a exprimé sa confiance dans la capacité des participants à dégager des recommandations pertinentes, annonçant l’élaboration prochaine d’une feuille de route claire et consensuelle.
