C’est à Victoria Falls, au Zimbabwe, que s’est tenu, du 11 au 14 novembre 2025, la cinquième Assemblée générale du Réseau Africain de la Commande Publique (RACOP). Pour cette année, ce rendez-vous désormais incontournable pour les décideurs, les régulateurs et les praticiens du secteur avait pour thème « Transformer la commande publique en Afrique grâce à l’innovation, l’inclusion, la durabilité et la collaboration régionale ». Les représentants de plus de cinquante pays y ont pris part. Le Dr Moustapha DJITTÉ, Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), a conduit la délégation sénégalaise à cette importante rencontre. Elle était composée de M. Oumar SAKHO, Directeur de la Direction centrale des marchés publics (DCMP), de Mme Khadidjietou DIA LY, Coordonnatrice générale des Cellules d’enquête et d’instruction des recours (CEIIR) de l’ARCOP et de Mme Poulmery Ba NIANG, Directrice de la Formation et de l’Appui technique (DFAT) de l’ARCOP.

Le Dr DJITTÉ est intervenu lors du panel consacré à la « Professionnalisation et au renforcement des capacités pour optimiser les bénéfices des innovations dans les marchés publics ». Ce thème s’aligne sur la vision stratégique de l’ARCOP consistant à bâtir un écosystème performant, fondé sur la compétence, l’éthique et l’innovation. Sa communication a fait ressortir les efforts du Sénégal dans la modernisation de la régulation, la formation des acteurs publics et privés, ainsi que la promotion de l’intégrité et de la performance dans la commande publique. Le Dr DJITTE a évoqué le Code des marchés publics sénégalais, expliquant que le texte réglementaire ne se limite pas à encadrer la dépense publique. Il structure un véritable levier socio-économique.
Le DG rappelle que le Sénégal est l’un des rares pays africains à réserver officiellement une part de ses marchés aux jeunes, jusqu’à 50 % de certains segments, ouvrant ainsi des opportunités directes à l’entrepreneuriat local.

Mais l’innovation la plus stratégique réside dans l’article 5 du Code : les entreprises qui utilisent des produits locaux bénéficient de préférences dans l’attribution des marchés. Une réforme discrète mais révolutionnaire. « Lorsque la commande est réalisée localement, ce sont nos unités de production qui tournent, et ce sont nos emplois qui s’envolent », souligne-t-il.
La démonstration devient encore plus concrète lorsqu’il évoque les grands projets structurants du pays, notamment le TER et le BRT, symboles des engagements publics et privés. Dans le cas du BRT, une exigence forte a été intégrée au contrat, explique Moustapha DJITTE. Il s’est agi de recourir à la main-d’œuvre locale dès que la qualification requise le permettait. Finalement, 1 200 emplois locaux ont été mobilisés durant les travaux.
Et l’effort ne s’arrête pas à l’exécution. Dans la phase d’exploitation, rembobine DJITTE, l’État a franchi un pas inédit en imposant que 25 % des emplois locaux soient réservés aux femmes. Une mesure historique inscrite contractuellement, devenue un signal fort en faveur de l’inclusion dans les politiques publiques.
Aujourd’hui, près de 1 000 emplois locaux découlent directement de ces exigences intégrées à la commande publique.
En conclusion, le DG de l’ARCOP rappelle que la commande publique n’est pas qu’un outil juridique ; « c’est un instrument de politique économique, capable de structurer l’emploi, de soutenir les entreprises locales, d’encourager la production nationale et de renforcer la cohésion sociale ».
