MARDIS DU BTP : Dr DJITTE appelle les entreprises locales à conquérir la commande publique

MARDIS DU BTP : Dr DJITTE appelle les entreprises locales à conquérir la commande publique

Le Directeur général de l’ARCOP a invité le secteur privé à renforcer sa compétitivité, saisir les opportunités des PPP et structurer des consortiums crédibles pour peser dans les politiques nationales d’investissement. Moustapha DJITTE s’est exprimé mardi 18 novembre 2025, lors de la dernière édition des Mardis du BTP, lors d’une intervention remarquée sur la place stratégique du secteur privé dans la commande publique sénégalaise. Face à des acteurs du BTP, des responsables techniques, des entrepreneurs, des analystes et des représentants institutionnels, le Dr DJITTE a posé un diagnostic lucide mais mobilisateur. A son avis, les entreprises nationales ont la capacité d’occuper davantage le terrain, à condition de franchir un palier de structuration, de crédibilité et de professionnalisation.

Dès l’entame, le DG de l’ARCOP a rappelé une réalité centrale : « Le secteur privé est un acteur indispensable de la réussite des politiques publiques ». Il a souligné que la commande publique représente un levier massif d’investissement, mais que les entreprises sénégalaises y accèdent encore insuffisamment, faute d’une démarche stratégique. Selon lui, il est désormais essentiel que les entreprises se positionnent sur des segments à plus forte valeur ajoutée, qu’elles proposent des offres mieux structurées et conformes aux standards internationaux et qu’elles adoptent des logiques professionnelles telles que les Offres d’Initiative Privée (OIP).

Dans son message, il apparait clairement que ce n’est plus seulement l’État qui doit porter la montée en gamme du secteur privé. Les entreprises doivent elles-mêmes se doter des standards requis pour gagner en compétitivité.

Très sollicité sur la question des Partenariats Public-Privé (PPP), le Dr DJITTE a apporté des réponses concrètes aux préoccupations des acteurs. Il faut des PPP plus adaptés à la réalité des entreprises locales. Il a notamment insisté sur la nécessité de développer « des projets de taille maîtrisable, mieux adaptés aux capacités techniques et financières des PME et entreprises nationales ». Ces small projects, a-t-il expliqué, permettent de contourner l’entrée souvent difficile des acteurs locaux dans les grands projets dominés par des groupes internationaux.

Dr DJITTE a aussi rappelé qu’aucune réforme, aucun dispositif incitatif ne peut compenser l’absence de crédibilité. « Une entreprise qui veut aller loin doit bâtir une réputation solide : qualité, rigueur, transparence et respect des délais », a – t- il déclaré, ajoutant que dans le domaine des PPP comme dans les marchés classiques, la confiance reste la meilleure carte de visite.

Le DG a également insisté sur la sélection rigoureuse des projets. Ils doivent être économiquement pertinents, en plus d’avoir une utilité réelle pour les populations, d’être en alignement avec les priorités publiques et d’avoir une viabilité financière.

Un PPP réussi n’est ni un exercice théorique ni un habillage juridique, mais une réponse concrète à un besoin public identifié.

Face à la taille des contrats, Dr DJITTE a encouragé les entreprises locales à « se regrouper en consortiums pour additionner expertise, capacité technique et surface financière ». Ce modèle, courant dans les économies émergentes, est selon lui le moyen le plus rapide pour les entreprises sénégalaises d’entrer dans la cour des grands.

Pour lui, la question dépasse les entreprises isolées. Ce qui doit être construit, c’est un environnement de confiance, des pratiques professionnelles solides, un marché conforme aux normes et à l’éthique, un écosystème qui inspire et attire les investisseurs.

La réussite de cette transformation passe aussi par un renforcement des capacités institutionnelles. Dr DJITTE a insisté sur deux chantiers. D’abord la professionnalisation des cellules de passation des marchés. Les équipes internes doivent maîtriser les innovations du Code, comprendre les mécanismes du PPP et adopter des standards modernes d’analyse et d’évaluation.

Ensuite la montée en compétences du côté des décideurs publics. Selon lui, une mauvaise compréhension des enjeux peut conduire à des retards, à des projets mal calibrés ou à une faible attractivité pour les entreprises. Il a donc appelé à une gouvernance plus informée et à une planification plus cohérente, combinée d’une meilleure articulation entre vision politique et exécution technique.

Après son exposé, la salle a multiplié les questions qui portaient sur le financement des PPP, accès des PME, rôle des banques, dispositifs d’accompagnement, perspectives d’amélioration du Code.

Les échanges ont montré une forte attente de solutions opérationnelles, mais aussi un optimisme réel quant à la capacité du secteur privé sénégalais à saisir les opportunités offertes par la commande publique.

Répondant aux préoccupations, le Dr DJITTE a réaffirmé : « L’ARCOP est engagée dans la construction d’un cadre plus inclusif, plus transparent et plus favorable à la montée en puissance des entreprises nationales ».

Le sentiment général qui s’est dégagé à l’issue des échanges est que le Sénégal est entré dans une nouvelle phase, celle où la commande publique ne doit plus seulement être exécutée par le secteur privé, mais portée avec lui. En appelant à plus de stratégie et à davantage de structuration, le Dr Moustapha DJITTE encourage les entreprises locales à cesser d’être seulement des exécutantes, pour devenir des partenaires économiques capables, visibles et incontournables dans la construction du Sénégal de demain.