Le Directeur général de l’ARCOP, entouré de ses principaux collaborateurs, a accueilli une délégation de la Direction générale du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI), conduite par son Directeur général, le Colonel Aly MIME. C’était le 24 novembre 2025. Il s’agissait d’une visite de travail qui aura permis de poser, avec clarté, les enjeux mais aussi les solutions concrètes pouvant répondre aux défis de cybersécurité auxquels les administrations sont confrontées.

Dans un contexte où les attaques numériques se multiplient et où la modernisation des équipements devient impérative, les deux institutions ont engagé un dialogue franc et stratégique. Le Colonel MIME a rappelé les constats récurrents relevés sur le terrain : matériel informatique obsolète, systèmes d’information vulnérables, retards de mises à jour, et faibles niveaux de maturité cyber. Autant de points qui, selon lui, ralentissent la capacité de l’État à anticiper les menaces. « Les besoins sont réels et urgents. Mais les procédures d’acquisition ne suivent pas toujours la vitesse à laquelle évoluent les menaces », a-t-il souligné.

Face à ces préoccupations, le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTÉ, a tenu à rappeler que le cadre réglementaire sénégalais intègre déjà plusieurs dispositions permettant de répondre aux spécificités des marchés de cybersécurité. Il a notamment mis en exergue :
-La procédure d’entente directe applicable en cas d’urgences impérieuses ou de besoins strictement spécialisés, permettant d’accélérer les acquisitions d’équipements critiques ;
-Les marchés à commande, qui facilitent la livraison progressive ou rapide de matériels hautement sensibles ;
-Les dérogations prévues pour les infrastructures critiques, lorsque la nature du besoin l’exige.
Ces outils, inscrits dans le Code des marchés publics, constituent autant de réponses réglementaires aux défis soulevés par la DCSSI. Le Dr DJITTÉ a ainsi insisté sur la nécessité pour les administrations de mieux mobiliser ces mécanismes afin de réduire les lenteurs souvent déplorées.

Le Directeur général de l’ARCOP a également indiqué que les préoccupations liées aux audits annuels des infrastructures critiques ou aux plans de remédiation trouvent écho dans les orientations actuelles de la régulation.
Il a rappelé que l’ARCOP accompagne les maîtres d’ouvrage dans la définition de plans d’actions spécifiques, notamment lorsqu’il s’agit de marchés à forte sensibilité stratégique. « Nous sommes pleinement disposés à travailler avec la DCSSI pour améliorer la prise en compte des impératifs de cybersécurité dans les processus de commande publique. Le Code offre déjà plusieurs possibilités, et nous sommes prêts à les optimiser et à en explorer de nouvelles », a déclaré le Dr DJITTÉ.

Cette rencontre a confirmé une convergence de vues entre les deux institutions, celle d’une cybersécurité qui exige des processus d’achat plus rapides, plus adaptés, mais également plus rigoureux. Grâce à ce dialogue, l’ARCOP et la DCSSI envisagent désormais une collaboration structurée, incluant une révision conjointe des procédures cyber sensibles. À travers cette coopération, ARCOP et DCSSI ambitionnent de bâtir un environnement d’acquisition publique plus agile, plus réactif et mieux aligné sur les exigences d’un secteur en constante évolution.