Sous les voûtes feutrées d’une salle de conférence à Dakar, la réunion régionale sur le thème « la modernisation du climat des affaires : promotion et protection des investissements » qui s’est tenue le 22 novembre 2025 a tiré son épingle du jeu. Organisé par l’Ordre des avocats du Sénégal et l’organisation allemande IRZ‑GIZ, l’évènement a rassemblé des experts venus de Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et bien sûr du Sénégal. A cette rencontre, le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTE a fait une communication sur les Partenariats Public Privé (PPP), envisagés comme l’un des leviers solides pour combler le vaste déficit d’infrastructures qui plombe le développement africain.
Ce manque est estimé à près de 1 300 milliards de dollars par an, soit 715 000 milliards de FCFA. C’est dans ce contexte tendu, marquée par des crises géopolitiques, des ruptures dans les chaînes logistiques, une raréfaction des investissements étrangers et des défis sécuritaires, entre autres, que le Directeur général de l’ARCOP a plaidé pour une montée en puissance urgente des PPP comme moteur de relance.

Dans son allocution, le Dr DJITTÉ a rappelé les avantages multiples des PPP, notamment la possibilité pour le secteur privé de financer, construire, exploiter et entretenir des infrastructures avant de les rétrocéder à l’État ou encore un transfert partiel des risques vers le privé, un atout crucial dans un environnement économique fragile.
Mais le DG de l’ARCOP ne s’est pas contenté de vanter les PPP. Il a aussi pointé les défis encore à relever pour qu’ils jouent pleinement leur rôle. Ces défis portent essentiellement sur l’existence de cadres juridiques solides, d’organes techniques compétents, la garantie de soutenabilité budgétaire, une gouvernance transparente, et la stabilité politique pour rassurer les investisseurs.
Et plus encore, un point qu’il a particulièrement souligné, la place centrale des avocats dans la réussite de ces montages : ingénierie juridique, structuration contractuelle, répartition des risques, conformité, audit, gestion des contentieux, tout repose sur leur expertise. Sans eux, pas de sécurité juridique, pas de contrats équilibrés, donc pas de financement durable. « Les avocats africains sont désormais appelés à devenir des ‘ingénieurs de la confiance’ », a lancé Dr DJITTÉ, réaffirmant que l’Afrique dispose d’un potentiel unique pour transformer ses infrastructures, à condition de relever les défis institutionnels, politiques et juridiques.
À la suite de cette présentation, plusieurs participants ont pris la parole.
M. Mohamed Montasser ABIDI, Chef du département Afrique (IRZ) a déclaré ressentir une profonde résonance entre l’intervention de Dr DJITTÉ et les thématiques sur lesquelles leur fondation travaille : « Nous œuvrons sur l’ensemble des aspects juridiques de l’investissement en Afrique. L’intervention d’aujourd’hui est d’une pertinence et d’une clarté remarquables. Le partenariat public-privé est l’un des axes que nous souhaitons intensifier. Nous sommes décidés à explorer des pistes de coopération avec l’ARCOP — particulièrement autour de la promotion de l’investissement, du secteur privé et du partenariat privé-public ».
Visiblement impressionné, Me Famara Faty, Avocat à la cour et membre de la commission scientifique de l’AJAS a salué la pertinence de l’exposé : « Cette présentation nous a profondément marqués. Elle met en lumière le rôle stratégique des PPP — et la place qu’ont les avocats dans ce dispositif. Nous espérons que l’ARCOP poursuivra cette dynamique avec l’Ordre, notamment à travers la formation continue et initiale de nos membres ».
Une intervenante, Me Sophie DIAKHATÉ, Avocate à la cour et Présidente de la commission communication de l’AJAS. Elle a insisté sur l’utilité de l’approche proposée : « L’intervention a été enrichissante et éclairante. Comme l’a souligné Me Kamara Faty, le secteur des PPP est stratégique, et les avocats y ont toute leur place. Nous souhaitons bénéficier des promesses de collaboration annoncées pour consolider nos acquis et développer notre expertise ».
Si l’Afrique veut combler son déficit d’infrastructures, améliorer son climat des affaires et garantir des projets durables, les PPP sont une opportunité maintenant. Ce séminaire constitue un signal fort envoyé aux juristes, aux investisseurs, aux États africains.
