Dr Moustapha DJITTÉ : « La performance doit devenir le principal indicateur de la commande publique »

Dr Moustapha DJITTÉ : « La performance doit devenir le principal indicateur de la commande publique »

À l’occasion de l’atelier de formation de 50 nouvelles autorités contractantes pilotes de la plateforme APPEL, le Directeur général de l’ARCOP a invité les professionnels de la commande publique à dépasser la logique de conformité pour faire des marchés publics un véritable levier de développement et d’amélioration du service rendu aux citoyens. Pour le Dr Moustapha DJITTE, les marchés publics ne peuvent plus être appréhendés comme une simple succession de procédures administratives. Ils constituent avant tout un outil au service des politiques publiques et du développement.

Devant les cinquante nouvelles autorités contractantes pilotes de la plateforme APPEL, il a rappelé que la capacité de l’Administration à répondre efficacement aux attentes des citoyens dépend largement de la qualité des projets qu’elle conçoit, finance et met en œuvre. « Nous avons la responsabilité de conduire les politiques publiques qui permettront de relever les défis du développement », a-t-il souligné, avant de rappeler que les professionnels de la commande publique occupent, à cet égard, une fonction stratégique dans l’administration.

Pour le patron de l’ARCOP, la finalité d’un marché public ne réside pas dans le respect exclusif des règles de passation. Derrière chaque procédure se trouve un besoin concret : construire une école, équiper un hôpital, réaliser une route, améliorer un service public ou répondre à une attente des populations. « Un marché public n’est pas une fin en soi. C’est une solution destinée à satisfaire un besoin clairement identifié », a insisté Dr DJITTE.

Cette approche invite les acteurs de la commande publique à porter leur attention non seulement sur la conformité des procédures, mais également sur les résultats obtenus et sur les effets réels des investissements publics.

Le Dr Moustapha DJITTÉ a rappelé que les retards observés dans la réalisation de nombreux projets trouvent fréquemment leur origine dans une préparation insuffisante des marchés, une planification incomplète ou des difficultés dans l’élaboration des dossiers techniques. Ces insuffisances ont des conséquences directes sur l’exécution des projets et, par conséquent, sur la qualité du service rendu aux citoyens. Pour lui, la véritable question n’est plus uniquement de savoir si une procédure a été régulièrement conduite, mais de s’assurer que les ressources mobilisées produisent effectivement les résultats attendus.

Les investissements réalisés répondent-ils aux besoins exprimés ? Les infrastructures livrées remplissent-elles les objectifs fixés ? Les financements publics produisent-ils un impact durable ? Autant d’interrogations qui doivent désormais guider l’action des professionnels de la commande publique de l’avis du DG de l’organe de régulation.

Professionnaliser durablement les acteurs

Un défi de longue date a été évoqué par Moustapha DJITTE. Il s’agit de la formation des cadres chargés de piloter la dépense publique.

Alors que l’Administration sénégalaise dispose d’une expertise reconnue dans la mobilisation des ressources, notamment grâce aux performances des administrations fiscales et douanières, la maîtrise des marchés publics nécessite encore un important effort de professionnalisation. C’est précisément pour répondre à cet enjeu que l’ARCOP a créé un institut de formation spécialisé, l’IRCOP, destiné à accompagner le développement des compétences des différents acteurs de la commande publique.

Mieux gérer les contrats pour mieux servir les citoyens

L’amélioration de la commande publique ne s’arrête pas à l’attribution des marchés. Le Directeur général a insisté sur la nécessité de renforcer le suivi de l’exécution des contrats, encore insuffisamment maîtrisé dans de nombreuses administrations. L’ARCOP prépare ainsi de nouveaux modules de formation consacrés à la gestion contractuelle, au suivi de l’exécution des marchés, à la maîtrise des risques et aux mécanismes de renégociation lorsque les circonstances l’exigent. L’objectif est de permettre aux autorités contractantes de disposer de toutes les compétences nécessaires pour assurer non seulement la régularité des procédures, mais aussi la bonne exécution des projets financés sur ressources publiques.

Pour le Dr Moustapha DJITTÉ, la réussite d’un marché public ne se mesure plus uniquement au respect des règles. Elle se juge avant tout à sa capacité à améliorer durablement la vie des citoyens et à contribuer à la mise en œuvre des politiques publiques.