La commande publique constitue un levier important de développement économique et social. Consciente de son potentiel en matière de création de richesse, d’emplois et de réduction des inégalités, l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), en partenariat avec ONU Femmes, a organisé les 22 et 23 décembre 2025, un atelier consacré à la compétitivité du secteur privé et à l’accès des femmes à la commande publique. Cette rencontre s’inscrit dans le nouveau référentiel de politiques publiques porté par l’État du Sénégal, notamment la Stratégie de Transformation Systémique (ST2S), qui place l’inclusion, la souveraineté économique et la valorisation du secteur privé national au cœur de l’action publique.

Les marchés publics représentent près de 19 % du PIB mondial. En Afrique, leur volume annuel est estimé à 50 milliards de dollars, tandis qu’au Sénégal, environ 30 000 marchés sont passés chaque année pour un budget compris entre 2 500 et 2 600 milliards de FCFA, financé à près de 67 % sur ressources nationales. Dans ce contexte, une meilleure participation des femmes entrepreneures apparaît comme une condition essentielle pour atteindre les objectifs de développement économique, de réduction de la pauvreté et de cohésion sociale.
Les travaux de l’atelier ont permis d’identifier plusieurs contraintes majeures freinant l’accès des femmes à la commande publique. Il s’agit notamment des exigences de garantie de soumission, des délais de livraison souvent intenables, des difficultés d’accès au crédit bancaire, de l’absence d’allotissement dans certaines procédures, ou encore des exigences élevées en matière d’expérience, d’états financiers et de pièces administratives. À ces obstacles s’ajoutent le manque d’information sur les dispositifs favorables existants et l’insuffisance d’accompagnement technique et financier.
Les échanges ont également mis en exergue l’existence d’un cadre juridique propice à la promotion des femmes dans la commande publique. Le Code des marchés publics, la loi sur les Partenariats Public Privé (PPP), la loi d’orientation sur les PME, ainsi que les directives communautaires de l’UEMOA, prévoient des mécanismes tels que les marchés réservés, l’allotissement, la marge de préférence, la sous-traitance prioritaire, la dispense de garantie de soumission et des critères d’évaluation favorables au contenu local. Ces dispositifs constituent des opportunités encore insuffisamment exploitées par les femmes entrepreneures.

Dans cette dynamique, le Directeur général de l’ARCOP, Dr Moustapha DJITTÉ, a placé le concept d’endogénéisation de la commande publique au centre de la gouvernance de l’institution. Cette approche vise à renforcer la participation du secteur privé national, à retenir la valeur ajoutée dans l’économie locale et à bâtir une souveraineté économique durable, en s’appuyant sur les compétences nationales, notamment féminines.
Parmi les recommandations issues de l’atelier figurent la vulgarisation accrue des marchés réservés, la simplification des procédures, l’allègement des exigences financières, la mise à jour des dossiers types, ainsi que le renforcement des capacités des femmes entrepreneures.
La mise en place d’un Bureau d’Assistance à la Commande Publique (BAC), en partenariat avec l’ADEPME et avec l’appui d’ONU Femmes, constitue l’une des réponses opérationnelles majeures pour accompagner les PME féminines dans la préparation et la soumission de leurs offres.

À travers cette initiative, l’ARCOP et ONU Femmes réaffirment leur engagement commun à faire de la commande publique un véritable levier d’inclusion économique des femmes, au service d’une croissance plus équitable, durable et souveraine.