DE LA FORMATION CONJOINTE AU PARTAGE D’INFORMATIONS : Moustapha DJITTE plaide pour des synergies intelligentes au service de la transparence dans la commande publique

DE LA FORMATION CONJOINTE AU PARTAGE D’INFORMATIONS : Moustapha DJITTE plaide pour des synergies intelligentes au service de la transparence dans la commande publique

La lutte contre la corruption dans la commande publique ne peut plus se mener en ordre dispersé. C’est le message porté par le Directeur général de l’Autorité de Régulation de la Commande Publique (ARCOP), le Dr Moustapha DJITTÉ, lors de la rencontre avec la délégation de l’Office national de Lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) ce mardi 7 janvier 2026. Une intervention dense, à la fois pédagogique et engagée, qui dessine les contours d’une coopération renforcée entre les organes de contrôle de l’État. Les institutions de contrôle, bien que spécialisées, relèvent toutes de la même autorité publique et partagent une responsabilité commune. « Nous procédons tous de l’autorité de l’État », a rappelé le DG de l’ARCOP, soulignant l’impératif de dépasser les cloisonnements institutionnels pour bâtir des synergies intelligentes et efficaces.

Dans un contexte où la corruption demeure étroitement liée à la commande publique, le Dr Moustapha DJITTÉ a insisté sur l’incohérence qu’il y aurait à conduire des actions de sensibilisation isolées. Pour lui, les missions de formation sur la corruption gagneraient en impact si elles étaient menées conjointement par l’OFNAC et l’ARCOP, chacune apportant son expertise spécifique. La formation conjointe apparaît ainsi comme un levier stratégique de prévention, permettant de mieux outiller les acteurs publics face aux risques de dérives, tout en harmonisant les approches et les messages portés par les institutions de contrôle.

En plus de la formation, le Directeur général de l’ARCOP a évoqué l’importance du partage de la documentation et des informations. Il a rappelé que l’ARCOP est régulièrement sollicitée par la Cour des comptes dans le cadre de ses enquêtes, notamment pour produire des documents relatifs à des marchés publics. Cette culture de la consultation et de l’échange, déjà à l’œuvre avec certaines institutions, pourrait être élargie à l’OFNAC, afin d’éviter les doublons et de renforcer la cohérence des interventions. D’autant plus que l’ARCOP conduit chaque année des audits sur l’exécution des marchés, dont les rapports révèlent parfois des irrégularités susceptibles de relever de la corruption.

Ces rapports d’audit, fruits d’un travail technique approfondi, constituent une mine d’informations encore sous-exploitée. Depuis quelques années, l’ARCOP s’est engagée dans une analyse plus poussée de ces constats afin d’en tirer des enseignements opérationnels. Mais lorsque les faits observés s’apparentent à des actes de corruption, la question des suites à donner se pose avec acuité. C’est précisément là que la complémentarité avec l’OFNAC prend tout son sens. Dotée de capacités d’investigation plus étendues, l’institution anticorruption pourrait approfondir les dossiers transmis par le régulateur, dans une logique de continuité et d’efficacité de l’action publique.

Pour Moustapha DJITTÉ, la coopération ne doit pas se limiter à un simple partenariat bilatéral. Si ce format reste pertinent sur certains dossiers précis, il montre vite ses limites face à la multiplicité des organes de contrôle. Multiplier les conventions isolées, avec l’OFNAC, la Cour des comptes ou d’autres structures, risquerait de fragmenter l’action publique. Il plaide ainsi pour une approche multilatérale, réunissant l’ensemble des institutions concernées autour de leurs zones de convergence, afin de bâtir des dynamiques communes et d’accroître l’impact des interventions sur le terrain.

Le Directeur général de l’ARCOP a enfin salué la portée symbolique de cette première visite officielle de l’OFNAC. Un honneur pour l’ARCOP, mais surtout un signal fort envoyé aux acteurs de la commande publique, l’ère des actions isolées étant révolue.