DÉMATÉRIALISATION ET MODULES COMPLÉMENTAIRES SUR APPEL :L’ARCOP consolide l’architecture avant la généralisation

DÉMATÉRIALISATION ET MODULES COMPLÉMENTAIRES SUR APPEL :L’ARCOP consolide l’architecture avant la généralisation

Réuni autour du Directeur général de l’ARCOP, le comité de pilotage de la phase pilote a passé en revue un dispositif complémentaire devant permettre d’aboutir à une dématérialisation intégrale, couvrant l’ensemble du cycle de passation des marchés publics, depuis la publication du plan de passation des marchés (PPM) jusqu’à l’attribution définitive. « Il ne serait ni cohérent ni pertinent d’engager une généralisation si l’Administration ne peut pas dérouler la procédure de bout en bout sur la plateforme APPEL (achats publics en procédures électroniques) », a souligné le Dr Moustapha DJITTÉ.

La rencontre a permis de faire le point sur l’intégration prochaine de plusieurs modules. Parmi eux figurent l’évaluation des offres, les procédures dérogatoires, notamment l’entente directe, ainsi que les procédures relatives aux prestations intellectuelles, qui obéissent à un régime spécifique dans le Code des marchés publics. À l’heure actuelle, certaines de ces procédures ne sont pas encore intégrées dans l’environnement numérique. Leur prise en charge vise à éviter toute rupture dans le processus. « Faire une partie de la procédure sur la plateforme et revenir ensuite au schéma traditionnel ne répond pas à notre vision », a insisté le Directeur général, réaffirmant l’option d’une dématérialisation complète plutôt que partielle.

Initialement prévue d’octobre 2025 à janvier 2026, la phase pilote devrait être légèrement prolongée afin de permettre à la task-force technique de finaliser les développements complémentaires. L’objectif est de consolider l’architecture de la plateforme avant toute généralisation à grande échelle.

Autre point majeur évoqué, l’introduction de fonctionnalités intégrant l’intelligence artificielle (IA) pour accompagner le processus d’évaluation. Le patron de l’ARCOP a tenu à lever toute équivoque : il ne s’agit pas de confier l’évaluation des marchés publics à l’IA, mais d’utiliser cet outil comme un appui technique destiné à renforcer l’efficacité et la fiabilité du traitement des dossiers. « L’intelligence artificielle viendra accompagner l’œuvre d’évaluation, mais elle ne se substituera ni aux commissions ni aux exigences réglementaires », a-t-il précisé.

En plus des développements techniques, les discussions ont porté sur l’ancrage juridique de la plateforme. L’ARCOP a fait le choix de s’en tenir strictement aux prescriptions légales et réglementaires, sans chercher à reproduire des pratiques individuelles propres à chaque administration. « Nous avons décidé de rester sur les fondamentaux qui cadrent avec la réglementation. C’est sur ce consensus que reposera la plateforme », a expliqué le Dr DJITTÉ.

La gestion des contentieux, notamment les recours gracieux et la saisine du Comité de Règlement des Différends (CRD), fera également l’objet d’un module dédié. Un chantier jugé essentiel pour garantir la transparence et la traçabilité des décisions.

Présentée comme un outil évolutif, la plateforme ne se veut pas figée. Les modules déjà opérationnels seront ajustés à l’épreuve de la pratique. L’ARCOP s’inscrit dans une logique d’amélioration continue, afin d’offrir aux administrations un environnement numérique stable, sécurisé et adapté aux réalités du terrain.

La généralisation de la plateforme se profile. Mais l’outil doit être d’abord pleinement opérationnel, juridiquement solide et techniquement abouti. Une exigence qui, aux yeux des responsables de l’ARCOP, constitue le socle d’une modernisation réussie de la commande publique.