PREMIERS RÉSULTATS ENCOURAGEANTS SUR LA PLATEFORME APPEL : 4 mois de mise en oeuvre, plus de 400 fournisseurs inscrits, 80 PPM publiés et 15 procédures lancées

PREMIERS RÉSULTATS ENCOURAGEANTS SUR LA PLATEFORME APPEL : 4 mois de mise en oeuvre, plus de 400 fournisseurs inscrits, 80 PPM publiés et 15 procédures lancées

Lancée le 14 octobre 2025, la phase pilote de la plateforme de dématérialisation APPEL amorce une montée en puissance progressive. À ce jour, près de 400 fournisseurs y sont enregistrés, plus de 80 plans de passation des marchés ont été publiés pour les exercices 2025 et depuis janvier 2026, et quinze procédures ont déjà été engagées, dont neuf ont connu une ouverture électronique des offres. Les entreprises individuelles et artisans constituent le groupe le plus représenté parmi les inscrits, signe d’une appropriation par les acteurs de proximité. Directeur de la Statistique et de la Documentation (DSD) de l’ARCOP, M. Ousseynou SOW dresse un premier bilan marqué par une dynamique encourageante, tout en soulignant les défis liés à l’inclusion et à la généralisation progressive du dispositif.

Aujourd’hui, l’État du Sénégal est engagé dans un vaste programme de digitalisation de ses procédures, en cohérence avec l’évolution des technologies. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté de moralisation de l’administration, de développement de l’économie numérique, de lutte contre la fraude et la corruption, ainsi que d’adaptation aux exigences réglementaires croissantes. Elle répond également à un impératif de simplification et de transparence des procédures. L’un des axes majeurs de cette réforme est l’amélioration de l’accès des entreprises à la commande publique. Il s’agit de mieux prendre en compte les opérateurs économiques, en particulier les acteurs nationaux, pour lesquels des efforts sont consentis depuis plusieurs années. L’objectif est de dématérialiser l’ensemble de la chaîne de passation et d’exécution de la commande publique. Cette transformation vise notamment à renforcer la transparence et la traçabilité des opérations, à réduire les délais et les coûts administratifs, à faciliter l’accès des entreprises aux marchés publics et aux paiements, ainsi qu’à harmoniser les pratiques des entités contractantes.

Dans l’attente de la mise à jour du Code des marchés publics afin d’intégrer pleinement les exigences de la dématérialisation, un règlement de service a été élaboré pour encadrer le fonctionnement de la plateforme. Par ailleurs, le projet accorde une place importante à la sensibilisation, à la formation et à la professionnalisation des acteurs. À terme, une révision du Code des marchés publics est envisagée afin d’assurer une parfaite cohérence avec la plateforme numérique.

Une gouvernance structurée du projet

Le projet repose sur un comité de pilotage mis en place pour assurer l’arbitrage des orientations stratégiques. Il regroupe notamment plus de 50 structures, notamment l’ARCOP, la DCMP, l PUDC, SENELEC, SONES, l’AGEROUTE, l’APIX et le BOCS, entre autres autorités contractantes élargies. Ce comité est chargé de valider les orientations, de hiérarchiser les priorités et d’assurer l’arbitrage interinstitutionnel.

Une équipe projet a également été constituée, principalement composée de représentants de l’ARCOP, de la DCMP et d’autres structures techniques. Elle a pour mission de définir les documents et processus à dématérialiser dans un périmètre donné, d’établir les spécifications fonctionnelles et de préparer l’environnement technique.

Durant la phase pilote de trois mois, de nombreuses réunions ont été organisées avec les autorités contractantes et les candidats aux marchés publics afin de recueillir leurs observations et d’intégrer leurs retours dans la plateforme.

Les utilisateurs pilotes, ARCOP, DCMP, autorités contractantes et opérateurs économiques, ont testé la solution, signalé les anomalies et validé les fonctionnalités.

En interne, une équipe technique composée d’ingénieurs aux profils variés assure le suivi technique. Elle est appuyée par un cabinet spécialisé chargé d’améliorer continuellement la plateforme, en prenant en compte les anomalies et les besoins exprimés. Une équipe projet dédiée documente par ailleurs les résultats de l’expérimentation, capitalise les enseignements et prépare le plan de déploiement.

Un dispositif de support a également été mis en place. Il sert d’interface entre les autorités contractantes, les soumissionnaires et les équipes techniques.

Un périmètre fonctionnel étendu

Le périmètre fonctionnel de la plateforme couvre l’ensemble du processus, de la planification des marchés à l’ouverture électronique sécurisée des offres.

Il inclut :

  • la gestion des Plans de Passation des Marchés (PPM) ;
  • la préparation et la publication des DAO ;
  • l’inscription des candidats ;
  • la gestion des questions-réponses ;
  • le dépôt électronique des offres ;
  • l’ouverture automatisée et sécurisée des plis.

La plateforme repose sur une architecture en microservices et comprend deux portails distincts :

Un portail public destiné aux fournisseurs, permettant :

  • la consultation des appels d’offres ;
  • le téléchargement des DAO ;
  • l’inscription des entreprises ;
  • le dépôt électronique des offres ;
  • le suivi des soumissions ;
  • la réception des notifications.

Un portail dédié aux autorités contractantes, à la DCMP et à l’ARCOP, qui permet :

  • l’édition des PPM ;
  • la création et le paramétrage des DAO ;
  • la publication des appels d’offres ;
  • l’ouverture électronique des offres ;
  • la gestion des commissions ;
  • la transmission des dossiers à la DCMP ;
  • l’accès à des tableaux de bord en temps réel.

Un assistant intégré, fondé sur l’intelligence artificielle, accompagne les utilisateurs tant sur les aspects réglementaires que techniques.

Sur le plan technique, la plateforme comprend un API Gateway assurant la réception des requêtes externes, le contrôle d’accès et le routage. Le back-office est composé de microservices dédiés à la gestion des contenus, des emails automatiques, du stockage sécurisé des fichiers, ainsi qu’à la traçabilité des opérations et à la gestion des alertes. La base de données repose sur un système robuste, notamment PostgreSQL, garantissant la sécurité et l’intégrité des données.

Un dispositif d’accompagnement renforcé

Outre l’assistant numérique, un support téléphonique et un groupe WhatsApp ont été mis en place pour faciliter l’assistance aux utilisateurs. Cette proximité a permis de corriger rapidement certains dysfonctionnements.

Afin de favoriser la migration vers la plateforme, les autorités contractantes ont été invitées à insérer un lien vers celle-ci dans les avis publiés dans la presse. Cette mesure a contribué à stimuler les premières soumissions électroniques.

Bilan et résultats

La plateforme a été officiellement lancée le 14 octobre.

Plusieurs sessions de formation ont été organisées :

  • une session à Saly du 3 au 7 décembre au profit de 52 autorités contractantes ;
  • trois sessions avec 16 ministères, notamment ceux des Finances, de la Justice et de l’Intérieur ;
  • deux sessions à destination du secteur privé, dont l’Association sénégalaise des professionnels de l’équipement médical et des acteurs de l’économie sociale et solidaire ;
  • deux missions régionales de sensibilisation à Ziguinchor et Saint-Louis.

La dynamique de formation se poursuit, avec l’objectif d’étendre la sensibilisation à l’ensemble du territoire.

À ce jour, environ 400 fournisseurs sont inscrits sur la plateforme. Des guides utilisateurs ont été élaborés pour accompagner les différentes catégories d’acteurs.

Une interconnexion a été réalisée avec l’ANSD afin de vérifier les informations déclarées lors de l’inscription des soumissionnaires.

Concernant l’activité, 45 PPM relatifs à 2025 et 35 pour 2026 ont été publiés. Quinze procédures ont été lancées, dont neuf ont déjà connu une ouverture électronique.

Par type de marché :

  • 8 concernent des fournitures,
  • 2 des travaux,
  • 5 des services.

Par catégorie d’entités contractantes :

  • 8 relèvent des sociétés nationales,
  • 4 des collectivités territoriales,
  • 3 des établissements publics.

Profil des entreprises inscrites

L’analyse des données montre que les entreprises individuelles et les artisans constituent le groupe le plus représenté, avec 116 inscrits. Cela traduit une forte appropriation par les opérateurs économiques de proximité.

Les petites et moyennes entreprises comptent 74 inscrits chacune, représentant une part significative. Les grandes entreprises sont au nombre de 31, tandis que 37 start-up innovantes sont enregistrées, affichant une présence en progression.

Les groupements d’intérêt économique (GIE) sont au nombre de 17 et les entreprises sociales 7. Les entreprises dirigées par des femmes représentent 24 inscrits, ce qui souligne la nécessité de renforcer les actions de sensibilisation en faveur de l’inclusion économique féminine.

À ce jour, la plateforme compte plus de 1 000 utilisateurs actifs, 257 comptes en cours de validation et 50 dossiers finalisés.

Dans l’ensemble, ces résultats confirment le rôle central de la plateforme dans la dématérialisation des procédures et l’élargissement de l’accès à la commande publique, notamment au profit des micro, petites et moyennes entreprises ainsi que des structures émergentes.