ACCELERATION DE LA REFORME DE LA COMMANDE PUBLIQUE :La BAD se positionne comme partenaire clé du renouveau et s’engage aux côtés de l’ARCOP

ACCELERATION DE LA REFORME DE LA COMMANDE PUBLIQUE :La BAD se positionne comme partenaire clé du renouveau et s’engage aux côtés de l’ARCOP

Face à une feuille de route ambitieuse portée par le Dr Moustapha DJITTE, la réaction de la Banque africaine de développement (BAD) n’a laissé place à aucune ambiguïté. Par la voix de Clément AHOSSI, responsable des achats pour plusieurs régions du continent, l’institution a salué des avancées majeures, évoquant même une « véritable révolution » dans la modernisation du système sénégalais. Cette appréciation s’est traduite par une volonté d’accompagnement concret.

En recevant, le 17 mars 2026, une délégation de la BAD, le DG de l’ARCOP a présenté « Le renouveau de la commande publique », intitulé de sa feuille de route qui fixe le cap pour les années à venir et structure une vision cohérente autour de neuf axes prioritaires. L’ambition assumée est de moderniser en profondeur les procédures, renforcer la transparence, professionnaliser les acteurs et repositionner la commande publique comme un levier stratégique de développement.

Devant les représentants de la BAD, le Dr DJITTE a déroulé une stratégie qui ne se limite pas à des ajustements techniques. Elle s’inscrit dans une refondation du système, intégrant à la fois la promotion des achats publics durables, l’endogénéisation de la commande publique, la territorialisation des procédures et la consolidation des partenariats public-privé. Une approche globale qui vise selon lui à répondre aux défis d’efficacité, de gouvernance et d’impact économique.

Déjà en cours de préparation, le projet d’appui institutionnel de la BAD pourrait intégrer une part importante des besoins exprimés par l’ARCOP. Parmi les priorités identifiées figurent la mise en place d’un catalogue de prix pour mieux maîtriser les coûts, le renforcement de la cellule dédiée aux partenariats public-privé, ainsi que la création d’outils structurants destinés à améliorer la transparence, notamment des registres des bénéficiaires effectifs et des infractions.

La question de la dématérialisation des procédures a également occupé une place centrale dans les discussions. La plateforme APPEL, développée sur fonds propres par l’ARCOP, constitue aujourd’hui un socle essentiel de cette transition numérique. En cours d’évaluation par plusieurs partenaires techniques et financiers, elle pourrait bénéficier de nouveaux développements avec l’appui de la BAD, appelée à se prononcer sur les axes d’accompagnement possibles.

Dans la vision du DG, c’est toute la chaîne de la commande publique qui est concernée. L’ARCOP mise notamment sur une professionnalisation accrue des acteurs, à travers des formations certifiantes et la constitution d’un vivier d’experts accrédités. Le processus d’accréditation de l’Institut de Régulation de la Commande Publique (IRCOP) s’inscrit dans cette dynamique, avec l’objectif d’en faire un pôle de référence dans la formation spécialisée.

L’intérêt de la BAD pour cette démarche dépasse le cadre national. L’institution voit dans l’expérience sénégalaise un modèle reproductible à l’échelle régionale. Déjà, des pays partenaires manifestent leur intérêt, à l’image de la Guinée-Bissau, encouragée à s’inspirer du dispositif sénégalais. Dans le même esprit, l’ARCOP a évoqué le programme d’accompagnement en cours avec la Mauritanie, soutenu par la Banque islamique de développement, et suggéré à la BAD d’explorer des initiatives similaires.

Pour l’ARCOP, l’enjeu est désormais de traduire cette dynamique en résultats tangibles. Pour la BAD, il s’agit de s’inscrire dans une réforme qui, au-delà du Sénégal, pourrait redéfinir les standards de la commande publique dans la sous-région.