L’ARCOP, L’ENA ET L’UCAD REFONDENT LE MASTER D’EXCELLENCE : Une réforme pour former des experts adaptés aux nouveaux défis de la gouvernance publique

L’ARCOP, L’ENA ET L’UCAD REFONDENT LE MASTER D’EXCELLENCE : Une réforme pour former des experts adaptés aux nouveaux défis de la gouvernance publique

Face aux mutations technologiques, réglementaires et aux exigences de transparence, les trois institutions engagent une refonte de la maquette pédagogique du Master en Management et Régulation des marchés publics. L’atelier s’est tenu cette semaine dans un contexte marqué par les profondes mutations qui traversent la gouvernance publique. Ce programme entend désormais intégrer les nouveaux défis liés à la digitalisation, à la compliance, à l’intelligence artificielle et à la professionnalisation accrue des acteurs de la commande publique.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le Directeur général de l’ARCOP, Dr Moustapha DJITTÉ, a insisté sur la portée de cette rencontre. « Cet atelier nous offre l’occasion de repenser notre dispositif de formation afin de mieux l’adapter aux évolutions rapides de la gouvernance et de la régulation durable et responsable de la commande publique », a-t-il déclaré devant les représentants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), du Directeur scientifique du Master, le professeur Abdoulaye SAKHO, du Directeur général de l’École nationale d’Administration (ENA) et des membres du comité de pilotage.

Le Dr DJITTE a salué la solidité du partenariat qui unit les trois institutions, estimant qu’il constitue aujourd’hui « une alliance stratégique au service de l’État, de la modernisation de l’administration publique et du renforcement durable des capacités ».

Selon lui, la complémentarité entre l’excellence scientifique de l’UCAD, l’expertise administrative de l’ENA et l’expérience régulatrice de l’ARCOP a permis de bâtir « un modèle inédit de formation professionnalisante », à la fois ancré dans les réalités nationales et ouvert aux standards internationaux.

Dans son intervention, le Directeur général de l’ARCOP a également replacé cette réforme dans le contexte des grandes transformations engagées par l’État sénégalais en matière de gouvernance publique. Il a rappelé que les réformes portant sur la transparence, la performance et la redevabilité exigent désormais des profils hautement qualifiés, capables de maîtriser la complexité des politiques publiques et des mécanismes modernes de financement. « L’État ne peut être performant que s’il dispose d’administrations capables d’anticiper, de sécuriser et de piloter efficacement l’action publique ».

Pour Moustapha DJITTÉ, la mission de l’ARCOP ne saurait se limiter au contrôle et à la supervision des procédures de passation des marchés. L’institution entend désormais renforcer son rôle dans la formation, la professionnalisation et la diffusion d’une culture de bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques. Il a notamment mis en exergue le rôle stratégique de l’IRCOP, présenté comme un véritable centre de référence dans les domaines de la commande publique, de la régulation, de la compliance et de la gestion des projets publics. « L’IRCOP est aujourd’hui une plateforme d’excellence capable d’accompagner les administrations publiques, de former les cadres supérieurs du Sénégal et de la sous-région et de soutenir les réformes institutionnelles ».

Les participants ont également été appelés à réfléchir aux nouveaux défis qui bouleversent les systèmes de commande publique : multiplication des contentieux, exigences de conformité, digitalisation des achats publics, développement durable et émergence de l’intelligence artificielle.

Sur ce dernier point, le Directeur général de l’ARCOP a estimé que les dispositifs de formation doivent désormais anticiper les mutations technologiques plutôt que les subir.

« L’émergence de l’intelligence artificielle transforme déjà les mécanismes de contrôle, d’analyse des risques et de pilotage des procédures publiques », dira M. DJITTE qui a plaidé pour une rupture avec les approches classiques de transmission du savoir, appelant à une pédagogie davantage orientée vers l’action, les études de cas, les simulations de procédures et les immersions professionnelles. Il insiste : « Nous devons désormais dépasser le modèle classique de transmission théorique du savoir pour construire une pédagogie orientée vers l’action, la pratique, l’innovation et la résolution concrète des problèmes publics ».

La future réforme pédagogique devrait ainsi permettre d’intégrer les nouveaux enjeux liés à la gouvernance numérique, de renforcer les dimensions pratiques des enseignements et de former des cadres immédiatement opérationnels sur l’ensemble du cycle de vie de la commande publique.

Dans un contexte où le Sénégal mobilise chaque année plusieurs milliers de milliards de francs CFA dans les acquisitions publiques et les investissements structurants, les responsables du programme considèrent la formation des acteurs de la gouvernance publique comme un levier stratégique pour la performance économique, la confiance citoyenne et la souveraineté publique.