APPRENDRE L’IA SANS PERDRE LE SENS CRITIQUE : L’ARCOP veut des utilisateurs formés, responsables et avertis

APPRENDRE L’IA SANS PERDRE LE SENS CRITIQUE : L’ARCOP veut des utilisateurs formés, responsables et avertis

L’intelligence artificielle commence à trouver sa place dans les entreprises et les administrations. À l’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), les agents sont désormais invités à mieux connaître ces outils et à apprendre à les utiliser dans leur travail. Un cycle de quatre sessions est consacré à l’IA générative, à ses usages professionnels et aux précautions à prendre dans son utilisation.

Le premier module de la formation s’est tenu vendredi 14 août 2026, dans le cadre du programme de renforcement des capacités du personnel. Quatre sessions sont prévues. La première a porté sur les bases de l’intelligence artificielle générative, la formulation des prompts et la prise en main de plusieurs outils, dont ChatGPT, Claude et Gemini.

Les autres séances seront consacrées aux prompts avancés, aux GPTs et agents IA, aux workflows ainsi qu’à des applications professionnelles : rédaction de cahiers des charges, notes administratives et autres documents de travail. Claude Projects et NotebookLM seront également abordés. Une session portera sur la production de rapports d’audit, Gamma AI et DeepSeek, avec un volet consacré aux questions éthiques. La formation est assurée par des formateurs du ministère des Télécommunications et du Numérique.

« L’intelligence artificielle est une opportunité »

Pour Mme LY Khadijetou DIA, Coordonnatrice générale des Cellules d’enquête, d’inspection et d’instruction des recours (CEIIR) de l’ARCOP, il devient nécessaire de donner aux agents des repères pour utiliser ces outils. « L’intelligence artificielle est une opportunité. Il faut qu’on l’apprenne telle qu’elle ». 

Selon elle, les premières réactions face à l’IA ont beaucoup évolué. Son utilisation pouvait encore être perçue comme une facilité ou une forme de triche. Les administrations doivent maintenant apprendre à encadrer son usage et à en mesurer les limites. « Toute structure se doit de former ses agents pour l’utilisation de l’intelligence artificielle afin d’éviter que ces mêmes agents l’utilisent très mal ».

Pour Mme Dia, les employés doivent notamment connaître les possibilités offertes par ces outils, mais aussi leurs limites et les risques liés à leur utilisation. « Il faut d’abord voir son importance, son utilité, les limites et les risques qu’elle comporte ».

Des données à mieux exploiter

L’IA pourrait aussi être utilisée pour faciliter l’exploitation des données produites par l’ARCOP. L’Autorité dispose notamment de statistiques, de décisions, de rapports d’audit et de nombreuses informations issues de ses activités. Pour Mme DIA, cet ensemble constitue une ressource qui mérite d’être davantage exploitée. « L’ARCOP produit énormément de données, des masses importantes de décisions, de statistiques, d’audits. C’est une masse d’informations que l’on a, et je pense que l’intelligence artificielle pourrait nous aider à mieux les utiliser ».

Ces outils peuvent notamment faciliter la recherche, le classement, l’analyse ou la synthèse de grandes quantités d’informations. Mais les résultats doivent être vérifiés et appréciés par les professionnels qui les utilisent. La formation doit justement permettre aux agents de mieux comprendre ce fonctionnement et d’éviter de prendre pour exactes, sans vérification, les réponses fournies par une IA.

Des réserves au départ

L’arrivée de ces outils ne fait pas disparaître les interrogations. Certains agents se sont montrés réservés au début de la formation. « Certains agents au départ étaient assez réticents, en disant que l’IA ne poussait pas à la performance parce que les gens recopiaient et ne travaillaient pas à côté de l’appareil », rapporte Mme DIA.

Pour elle, cette réserve ne doit pas conduire à écarter l’outil. « Si on ne l’utilise pas, d’autres vont l’utiliser et nous serons en retard ».  La question est alors de savoir comment l’utiliser sans perdre les réflexes professionnels qui restent indispensables : vérifier une information, reprendre un document, exercer son jugement et assumer ce qui est produit.

Garder la responsabilité du travail

Pour Coordonnatrice générale des Cellules d’enquête, d’inspection et d’instruction des recours (CEIIR), l’utilisation de l’IA doit rester encadrée par la responsabilité de celui qui s’en sert. « L’essentiel, c’est d’essayer de l’utiliser à bon escient. Je pense que c’est le maître mot : être responsable »

Cette responsabilité concerne notamment la vérification des informations, la confidentialité des données et la qualité des documents produits avec l’aide d’une IA.

La question de la transparence est également posée. Mme LY Khadijetou DIA estime que l’utilisation de ces outils doit pouvoir être signalée lorsqu’ils ont contribué à la réalisation d’un travail. « Quand on utilise l’IA, il faut dire que ce travail a été fait en nous appuyant sur l’IA ».

Pour l’ARCOP, ces quatre sessions doivent permettre aux employés de mieux connaître les outils disponibles et de faire la part entre ce qu’ils peuvent apporter et ce qui relève toujours de l’expertise humaine. Elles doivent surtout donner aux agents les moyens de les utiliser dans leur travail avec suffisamment de recul, de vérification et de responsabilité.