L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) poursuit sa réflexion sur une meilleure territorialisation des marchés publics. Au cœur de cette dynamique figure le concept de commande publique territorialisée, porté depuis plus d’un an par l’institution et présenté comme un levier stratégique de développement économique local.
Selon le Directeur général de l’ARCOP, le Dr Moustapha DJITTÉ, qui en avait fait l’un de ses axes stratégiques prioritaires au lendemain de sa nomination, cette approche vise à corriger une iniquité longtemps observée dans l’exécution des marchés publics. « Lorsqu’il existe un marché, il n’est pas équitable que ce marché soit exécuté et payé à Dakar uniquement parce que l’opérateur y est installé », a-t-il expliqué.
La vision défendue par l’ARCOP s’inscrit dans une approche globale des politiques publiques, articulée autour de pôles de développement locaux et territoriaux. « Nous avons théorisé cette commande publique territorialisée et défini les conditions de sa mise en œuvre », a précisé le DG, soulignant que la problématique dépasse la seule régulation pour toucher à l’aménagement du territoire et à l’équité économique.

Cette orientation rejoint, selon lui, les préoccupations actuelles des plus hautes autorités de l’État. « Aujourd’hui, l’une des grandes priorités porte précisément sur ces pôles de développement », a-t-il rappelé.
Dans cette perspective, l’ARCOP estime que les marchés publics lancés au niveau de ces pôles devraient bénéficier en priorité aux acteurs économiques locaux. « Lorsque ces pôles seront effectivement implantés et que des marchés y seront lancés, c’est le secteur privé territorial qui devra les capter en premier », a affirmé Dr Moustapha DJITTÉ.
Si le principe est désormais posé, sa traduction opérationnelle demeure un chantier en cours. « Nous sommes en train de réfléchir aux mécanismes permettant de matérialiser cette orientation », a-t-il conclu, ouvrant la voie à de futures évolutions de la régulation de la commande publique, avec pour objectif une meilleure redistribution des opportunités économiques sur l’ensemble du territoire national.

Le Dr DJITTE s’exprimait le 29 janvier dernier à l’occasion un atelier de formation sur l’opérationnalisation de l’accès des acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire aux marchés publics, organisé par le ministère de la Microfinance et de l’Économie Sociale et Solidaire (MMESS), en collaboration avec l’ARCOP. L’atelier visait à traduire la volonté politique en mécanismes concrets, applicables dès la gestion budgétaire 2026 proclamée comme Année de l’Emploi et de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS) par les plus hautes autorités de l’État.