PPP ET FONDS DE PLACEMENT A RISQUE :La transparence, autre condition de l’investissement privé

PPP ET FONDS DE PLACEMENT A RISQUE :La transparence, autre condition de l’investissement privé

Au Forum de l’emploi et de l’entrepreneuriat de SeptAfrique Groupe qui s’est tenu récemment à Dakar, le Directeur général de l’ARCOP a établi un lien entre le financement privé des projets, les PPP et la transparence dans la commande publique.  Paneliste lors de la session consacrée aux nouveaux instruments de financement — dette, capital, garanties et partenariats public-privé (PPP) — le Dr Moustapha DJITTE, a notamment évoqué les conditions de participation du secteur privé au financement des projets. Il est revenu sur la loi relative aux PPP adoptée en 2021 et sur la recherche de mécanismes permettant aux Sénégalais de participer au financement des projets. C’est dans ce contexte qu’a été envisagé le fonds de placement à risque.

« Quand on a mis en place la loi sur le PPP en 2021, il fallait trouver un instrument qui permette de faciliter la possibilité pour les Sénégalais de participer au financement des projets », a rappelé le DG de l’ARCOP. Le fonds devait, à l’origine, être ouvert aux personnes physiques comme aux investisseurs institutionnels. Après saisine de l’autorité, le choix a été fait de commencer avec les investisseurs institutionnels, avant une éventuelle ouverture aux personnes physiques.

Dans les sociétés de projet constituées pour les PPP, ce sont aujourd’hui principalement les entreprises qui interviennent au capital. « Ce ne sont pas des personnes physiques qui viennent mettre de l’argent. Ce sont les entreprises, les sociétés qui viennent rentrer dans le capital social », a expliqué Dr Moustapha DJITTE.

Pour le DG de l’ARCOP, la mobilisation de capitaux privés doit aller de pair avec des règles claires dans la commande publique. « Si les mécanismes les plus pertinents sont mis en place pour permettre aux représentants du secteur privé de capter des financements, si derrière la transparence et la redevabilité ne sont pas les questions réglées sur la commande publique, l’objectif ne peut pas être atteint », a-t-il déclaré.

La dématérialisation constitue, dans ce cadre, l’un des moyens retenus par le régulateur pour améliorer l’accès à l’information sur les marchés publics. À travers la plateforme de dématérialisation APPEL (achats publics en procédures électroniques), les informations relatives aux procédures peuvent être consultées en ligne. Les utilisateurs peuvent notamment savoir quelle administration a lancé un marché, à quelle date, à qui il a été attribué et dans quelles conditions. « Tout le monde peut accéder, regarder ce que fait telle administration, tel marché, quand est-ce qu’il a été passé, à qui il a été attribué et dans quelles conditions », a indiqué le Directeur général.

Cette mise à disposition de l’information facilite le suivi des procédures et leur traçabilité. Elle permet également aux entreprises de mieux connaître les marchés lancés par les administrations et de suivre les procédures auxquelles elles souhaitent prendre part.

L’enjeu évoqué lors du forum est donc à la fois financier et institutionnel : faciliter l’intervention du secteur privé dans les projets et disposer, en parallèle, de procédures de commande publique transparentes et accessibles. La dématérialisation s’inscrit dans cette évolution en donnant aux acteurs économiques un accès direct aux informations sur les marchés publics et en renforçant la traçabilité des opérations.