COMMANDE PUBLIQUE INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE : L’ARCOP invite les industriels à mieux saisir les opportunités

COMMANDE PUBLIQUE INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE : L’ARCOP invite les industriels à mieux saisir les opportunités

L’accès des industriels pharmaceutiques à la commande publique ne dépend pas uniquement de leur capacité à produire des médicaments. Il suppose également une bonne connaissance de la réglementation, la maîtrise des procédures de passation et d’exécution des marchés, ainsi qu’une préparation aux transformations en cours. C’est le message porté par Lamine SAMB à la clôture de la session de sensibilisation organisée en collaboration avec l’Unité de gestion du Projet de relance de l’industrie pharmaceutique locale (UGP PHARMA) qui regroupe une vingtaine d’industriels et grossistes répartiteurs. Les représentants de l’OMS, du GIZ et de ENABEL étaient présents à la rencontre.

Saluant la mobilisation des participants, le Directeur de la formation, de la documentation et des archives de l’ARCOP a souligné la nécessité d’adapter les formations aux réalités et aux besoins des professionnels concernés. La diversité des profils présents et la spécificité du secteur pharmaceutique exigeaient, selon lui, une approche tenant compte des contraintes des industriels, mais aussi des exigences réglementaires auxquelles ils sont soumis.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le Sénégal cherche à renforcer sa souveraineté sanitaire et à réduire sa dépendance aux importations de produits pharmaceutiques. Dans un secteur où la commande publique peut constituer un débouché important, la connaissance des règles applicables représente un levier pour permettre aux producteurs locaux de mieux se positionner sur les marchés.

Maîtriser les procédures, de la soumission à l’exécution du marché

Pour Lamine SAMB, la participation à la commande publique ne se résume pas à l’identification des appels d’offres ou à l’obtention d’un marché. Elle implique également la capacité à exécuter les contrats conformément aux engagements pris et aux exigences de l’acheteur public. « Accéder à l’information, accéder aux marchés publics et gagner un marché public, c’est important, mais il faut aussi gérer le contrat de marché public », a-t-il rappelé en substance.

Cette exigence revêt une importance particulière pour les entreprises pharmaceutiques, dont les activités doivent répondre à des contraintes spécifiques liées à la qualité des produits, à leur disponibilité et au respect des prescriptions applicables. La maîtrise des procédures et des obligations contractuelles constitue ainsi un préalable pour participer durablement à la commande publique.

Le responsable de l’ARCOP a également invité les industriels à ne pas limiter leurs perspectives aux marchés publics classiques. Les partenariats public-privé (PPP) représentent, à ses yeux, un autre champ à explorer pour accompagner les investissements et contribuer au développement de l’industrie pharmaceutique locale. Ces mécanismes peuvent ouvrir des perspectives de coopération entre les acteurs publics et privés, sous réserve du respect du cadre juridique applicable et d’une préparation rigoureuse des projets. Leur appropriation suppose toutefois que les opérateurs comprennent les conditions de participation, les exigences de structuration et les responsabilités liées à ces dispositifs.

La dématérialisation, un tournant à anticiper

Un autre point central de l’intervention de M. SAMB a porté sur la dématérialisation des procédures de passation des marchés publics. Le DFAD a appelé les entreprises à se préparer à cette évolution, qui concerne aussi bien les autorités contractantes que les fournisseurs et les prestataires.

La plateforme APPEL, dédiée aux achats publics en procédures électroniques, occupe une place centrale dans cette transformation. Son appropriation doit permettre aux opérateurs de mieux suivre les procédures et de s’adapter aux nouvelles modalités de participation à la commande publique.

Pour les industriels pharmaceutiques, l’enjeu est concret : se familiariser avec les outils numériques et les démarches électroniques afin de ne pas être écartés des opportunités par manque de préparation. La maîtrise de ces outils devient une condition importante de participation à un environnement où les procédures sont appelées à être de plus en plus dématérialisées.

Le DFAD a ainsi préconisé le renforcement des capacités des professionnels sur ces questions, notamment à travers de nouvelles sessions de formation en 2026 et 2027. L’objectif est de permettre aux entreprises d’anticiper les changements plutôt que de les subir.

L’ARCOP mise sur l’accompagnement des acteurs

Au-delà de sa mission de régulation, l’ARCOP entend soutenir les acteurs dans l’appropriation des règles et des outils de la commande publique. Lamine SAMB a rappelé la disponibilité de l’institution pour répondre aux demandes de formation et accompagner les professionnels confrontés à des difficultés dans la gestion de leurs dossiers. L’appui-conseil et l’assistance technique constituent, à cet égard, des leviers complémentaires aux actions de sensibilisation. Ils doivent permettre aux entreprises de mieux comprendre les exigences réglementaires, de corriger leurs insuffisances et de renforcer leur capacité à répondre aux appels d’offres. « Nous restons disponibles pour accueillir d’autres demandes de formation et de renforcement des capacités », a-t-il assuré, en évoquant notamment les achats publics durables et la gestion des contrats. Cette démarche traduit une approche qui ne réduit pas la régulation au contrôle du respect des procédures. Elle vise également à améliorer la compréhension des règles par les opérateurs et à favoriser leur participation effective à la commande publique.

Contenu local et développement de l’industrie nationale

L’intervention a également mis l’accent sur l’endogénéisation de la commande publique, entendue comme la volonté de renforcer la participation des entreprises nationales aux marchés financés par la dépense publique. Pour Lamine SAMB, cette orientation exige un effort des organisations professionnelles et des entreprises, appelées à consolider leurs capacités techniques, organisationnelles et financières afin de répondre aux exigences des marchés. Il a, dans le même esprit, évoqué les achats publics durables, qui intègrent des considérations économiques, sociales et environnementales dans les décisions d’achat. Cette approche ouvre une réflexion sur la valorisation du contenu local, la mobilisation des acteurs de l’économie sociale et solidaire et la prise en compte de catégories telles que les jeunes et les personnes handicapées.

Pour l’industrie pharmaceutique, ces orientations soulignent l’intérêt de rapprocher la politique d’achat public des objectifs de développement productif national. Encore faut-il que les entreprises disposent des informations, des compétences et de l’accompagnement nécessaires pour transformer ces possibilités en marchés effectivement remportés et correctement exécutés.

En clôturant la session, Lamine SAMB a enfin insisté sur l’importance de l’engagement des acteurs et du dialogue entre l’administration et les professionnels. L’amélioration de l’accès des industriels pharmaceutiques à la commande publique repose, selon les orientations défendues lors de cette rencontre, sur une meilleure connaissance des règles, une préparation aux procédures électroniques et une mobilisation accrue des capacités nationales. Il s’agit, en résumé,  de faire de la commande publique un instrument au service du développement de l’industrie pharmaceutique locale et du renforcement de la souveraineté sanitaire du Sénégal.

ENCADRÉ

Les messages clés de la formation

  • S’engager pour mieux accéder aux marchés

La connaissance de la réglementation doit se traduire par une implication effective des industriels dans les procédures de la commande publique.

  • 2. Ne pas s’arrêter à l’obtention du marché

Gagner un appel d’offres ne suffit pas. L’entreprise doit également maîtriser l’exécution du contrat et respecter ses engagements.

  • 3. Explorer les possibilités offertes par les PPP

Les partenariats public-privé constituent une piste à examiner pour soutenir les investissements et accompagner le développement de projets industriels.

  • 4. Anticiper la dématérialisation

La plateforme APPEL et les procédures électroniques appellent une préparation des entreprises. Leur maîtrise devient essentielle pour continuer à participer aux marchés publics.

  • 5. Faire de l’ARCOP un partenaire d’accompagnement

Formation, appui technique et conseil doivent aider les professionnels à mieux comprendre les règles et à surmonter les difficultés rencontrées dans leurs démarches.

  • 6. Renforcer la place des entreprises nationales

L’endogénéisation de la commande publique suppose des entreprises mieux préparées, capables de répondre aux exigences des marchés et de contribuer au développement économique local.

La commande publique offre des possibilités aux industriels pharmaceutiques, mais leur concrétisation dépend de leur capacité à maîtriser les procédures, à anticiper les évolutions numériques et à renforcer leurs compétences.