MARCHES SENSIBLES AU SENEGAL :  La fin de l’omerta annoncée

MARCHES SENSIBLES AU SENEGAL :  La fin de l’omerta annoncée

La réforme des marchés publics classés « secret défense » amorce un nouveau tournant. À travers le décret 2026-807, les autorités entendent désormais concilier impératif de sécurité nationale et exigences accrues de transparence dans la gestion des contrats sensibles. Intervenant sur cette évolution, M. Lamine SAMB, Directeur de la formation et de l’appui technique (DFAT) de l’ARCOP, a évoqué une rupture nette avec les pratiques antérieures. M. SAMB s’exprimait à l’occasion de la 3e édition de la formation internationale de Dakar sur le livre rouge FIDIC. Longtemps entourés d’une discrétion quasi totale, les marchés classés bénéficient aujourd’hui d’un encadrement plus structuré, destiné à renforcer leur traçabilité sans compromettre les intérêts stratégiques de l’État.

La mise en place d’un mécanisme de contrôle dédié, à travers la Commission chargée de superviser les marchés publics sensibles, est au cœur de cette réforme. Pour Lamine SAMB, cette innovation institutionnelle marque « la fin de l’omerta » qui caractérisait jusqu’ici ce segment particulier de la commande publique. Désormais, même les marchés les plus sensibles s’inscrivent dans un cadre normatif précis, avec des procédures mieux définies et des organes habilités à en assurer le suivi.

L’enjeu, souligne-t-il, est double. Il s’agit, d’une part, de préserver la confidentialité inhérente à certains contrats liés à la défense ou à la sécurité nationale. D’autre part, il est impératif de garantir une gouvernance rigoureuse, conforme aux principes de bonne gestion et de reddition des comptes.

Cette réforme s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de modernisation de la commande publique au Sénégal. En introduisant davantage de clarté dans un domaine historiquement opaque, les autorités entendent restaurer la confiance tout en sécurisant les processus.

Pour l’ARCOP, il ne s’agit pas de lever le voile sur des informations sensibles, mais de s’assurer que leur gestion obéit à des règles strictes, connues et contrôlées. Une évolution qui pourrait, à terme, servir de référence en matière de régulation des marchés stratégiques dans la sous-région.