Une délégation de onze membres de l’Autorité de régulation des marchés publics de Guinée, de la Direction générale du contrôle des marchés, du Conseil de régulation, du secrétariat général de la présidence, de l’unité PPP et de TELEMO doit effectuer une mission d’immersion auprès de l’ARCOP Sénégal. L’ARMP de Guinée souhaite s’inspirer de l’expérience sénégalaise dans la transformation de la commande publique. Cette démarche intervient dans un contexte de réforme institutionnelle en Guinée. L’ARMP guinéenne prépare en effet sa mutation vers une Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP), dans le cadre de l’évolution du dispositif réglementaire communautaire. La mission envisagée doit notamment permettre aux responsables guinéens de mieux appréhender l’organisation et le fonctionnement d’une autorité couvrant un périmètre élargi de la commande publique.
La délégation guinéenne entend tirer des enseignements de l’expérience sénégalaise sur plusieurs volets de cette transformation. Il s’agit notamment de la régulation et l’audit des marchés publics, des mécanismes de gestion et de transparence des procédures, ainsi que du financement de l’institution. Elle porte également sur la professionnalisation des acteurs de la commande publique, la dématérialisation et les relations avec le secteur privé.
La Guinée souhaite comprendre les processus et méthodes de travail mis en place au Sénégal, afin d’identifier les pratiques susceptibles d’être adaptées à son propre environnement. L’objectif est de capitaliser sur l’expérience de l’ARCOP pour renforcer les compétences des collaborateurs guinéens.
L’intérêt de la partie guinéenne ne porte toutefois pas uniquement sur les mécanismes classiques de régulation. Il concerne également des chantiers sur lesquels le Sénégal a engagé des transformations importantes de son système de commande publique.
C’est notamment le cas de la dématérialisation des procédures, avec le déploiement de la plateforme APPEL (Achats publics en procédures électroniques). Le Sénégal dispose ainsi d’une expérience concrète dans le passage des procédures physiques aux processus électroniques, depuis la publication des avis jusqu’au traitement des différentes étapes de la procédure.
Autre axe appelé à prendre une importance croissante, les achats publics durables. La commande publique ne se limite plus à rechercher le meilleur prix ou à assurer la conformité administrative des procédures. Elle doit également intégrer des considérations environnementales, sociales et économiques dans les politiques d’achat. Sur ce terrain, le Sénégal a engagé plusieurs travaux visant à faire de la commande publique un instrument au service des objectifs de développement durable.
La professionnalisation des acteurs constitue un troisième chantier majeur. Elle figure explicitement parmi les domaines que l’ARMP guinéenne souhaite examiner au cours de son séjour au Sénégal.
Le Sénégal dispose, sur ce volet, d’un retour d’expérience particulier avec l’évaluation de son système de commande publique à travers la méthodologie MAPS II. Cette démarche, soutenue par la Banque mondiale, constitue un outil de diagnostic approfondi des systèmes de passation des marchés et de leurs performances.
Pour la Guinée, cette immersion doit donc permettre de préparer une évolution institutionnelle tout en identifiant des réponses à des défis désormais communs aux systèmes de commande publique de la région : professionnalisation des acteurs, transformation numérique, transparence, prise en compte des enjeux environnementaux, économiques et sociaux.