COOPÉRATION SUD-SUD — LA COMMANDE PUBLIQUE, UN TERRAIN D’APPRENTISSAGE ENTRE AFRICAINS : Partager les solutions plutôt que réinventer les dispositifs

COOPÉRATION SUD-SUD — LA COMMANDE PUBLIQUE, UN TERRAIN D’APPRENTISSAGE ENTRE AFRICAINS : Partager les solutions plutôt que réinventer les dispositifs

La visite de la délégation congolaise à l’ARCOP illustre une dimension souvent moins visible de la réforme de l’État. Il s’agit de la capacité des administrations africaines à devenir des sources d’expertise les unes pour les autres. En venant étudier le dispositif sénégalais, les experts congolais ne recherchent pas seulement des informations sur la réglementation. Ils veulent comprendre les mécanismes qui permettent de la faire vivre au quotidien.

Formation des acteurs, traitement des différends, contrôle des procédures, sécurisation juridique et professionnalisation des pratiques : les sujets abordés dessinent un agenda de coopération directement lié à la performance de la dépense publique. « Cette démarche permet de gagner du temps et des ressources, en évitant de reproduire certaines erreurs », a expliqué M. Gervais BOUITI-VIAUDO, conseiller spécial du Premier ministre congolais. Une déclaration qui résume l’intérêt du partage d’expériences : tirer parti des acquis d’une administration pour accélérer ses propres réformes, sans renoncer aux adaptations nécessaires au contexte national.

Pour le Sénégal, l’enjeu est également de transformer la reconnaissance de son expérience en coopération durable. L’éventualité d’un protocole d’accord entre institutions ouvre la perspective d’échanges techniques réguliers, de formations et d’un accompagnement ciblé des réformes.

La commande publique apparaît ainsi comme un domaine privilégié de la coopération Sud-Sud. En mutualisant les compétences et les enseignements tirés de leurs pratiques, les administrations africaines peuvent consolider leurs dispositifs de gouvernance et renforcer leur capacité à garantir une utilisation rigoureuse des ressources publiques.